«Ça sentait l'enfer!» Didier Tholot a utilisé exactement cette expression pour décrire son sentiment à la 26e, alors que son FC Sion, mené 2-1 par le FC Noah, s'est retrouvé à dix après l'expulsion de Nias Hefti. «Le début de match a été très compliqué. On savait qu'ils commençaient les matches très fort, mais on a fait trop d'erreurs. Même si je ne suis pas convaincu qu'il y avait penalty sur le 1-0...», a grincé l'entraîneur du FC Sion, en référence à la faute présumée du même Nias Hefti sur le malin Marko Lazetic à la 5e.
«Vu tout ce qui s'est passé...»
Le FC Sion n'a cependant pas sombré, même à dix. Au contraire, les Valaisans ont même plutôt bien résisté et sont repartis d'Arménie avec un match nul (2-2) au final mérité. «Et on aurait même pu l'emporter avec un peu plus de réussite...», a regretté Didier Tholot, bien conscient toutefois que le scénario aurait pu être bien différent. «Oui, vu tout ce qui s'est passé, ce match nul est positif», a-t-il admis. «On a su faire preuve de caractère et on a été capables de rester dans le match.»
Rilind Nivokazi sacrifié
Lorsque Nias Hefti a reçu son carton rouge, le technicien a eu très peu de temps pour réagir et a décidé de sortir son avant-centre Rilind Nivokazi pour faire entrer Marquinhos Cipriano afin de boucler le couloir gauche. «C'était la 26e, c'était clair que j'allais remplacer un attaquant. La question était de savoir lequel.» Pas question de toucher aux côtés, où Ilyas Chouaref («Il est toujours capable d'éliminer») et Franck Surdez («Il leur faisait mal avec sa vitesse») étaient bien dans leur match. Alors, Winsley Boteli ou Rilind Nivokazi?
«J'ai choisi Nivo, parce que Winsley avait marqué. Je le lui ai dit, je suis transparent. Si Rilind avait marqué et pas Winsley, j'aurais fait l'inverse», a détaillé Didier Tholot, très sensible aux dynamiques de ses attaquants. Et comme le Genevois marque à chaque match depuis la reprise...
Cipriano Marquinhos très convaincant
A noter, d'ailleurs, que l'entrée de Cipriano Marquinhos a été très convaincante, le Brésilien se montrant largement à la hauteur. Et même bien plus fort que Nias Hefti au même poste, ce qui pourrait même lui valoir une titularisation dimanche contre Vaduz afin d'acquérir du rythme en vue du match retour contre Noah. «On verra. Aujourd'hui, je ne peux pas répondre à cette question», a évacué Didier Tholot.
Au final, le FC Sion ramène donc un 2-2 en Valais, lui qui ne voulait pas rapporter le moindre but encaissé dans sa valise. Mais avec la règle des buts à l'extérieur, un 2-2 a aujourd'hui la même valeur qu'un 0-0, en tout cas sur le plan comptable. «On n'a pas concédé tant que ça d'occasions», a estimé Didier Tholot, qui assure ne pas avoir été surpris par la qualité offensive de Noah.
«Je l'avais dit avant le match, a rappelé le coach. On les avait visionnés en vidéo et deux fois depuis le stade. C'est une équipe habituée à l'Europe, qui joue très bien à domicile. Aujourd'hui, vu les conditions, le scénario du match, et le vent qui offrait des trajectoires inattendues, on rentre avec ce 2-2 qui laisse tout ouvert.»
«Le retour, c'est du 50-50», assure Didier Tholot
Le FC Sion a-t-il pris un avantage en vue du retour, tout de même, ne serait-ce que psychologique? «Non. C'est du 50-50.» Et ce malgré l'invincibilité du club valaisan à Tourbillon.
Un journaliste arménien a osé prononcer le mot «Ajax», le potentiel adversaire au tour suivant, puisque les Néerlandais se sont imposés 3-1 au match aller à Amsterdam face à Shelbourne. La réponse a été sèche, sans surprise: «Celui qui sera qualifié entre Noah et Sion pourra penser à l'Ajax.» Et avant cela, il faut surtout se concentrer sur la réception du FC Vaduz à Tourbillon dimanche.
