La bataille à trois pour l’organisation de la Fête fédérale de lutte 2031 monte en intensité. Jusqu’à fin avril, les différents candidats devaient répondre aux questions du groupe d’experts de la fédération. Jusqu’ici, le dossier genevois apparaissait comme le moins abouti. Cette candidature spectaculaire avait été révélée par Blick en février.
L’ambition est claire: organiser la fête au cœur de la deuxième ville du pays. Restait à en préciser le lieu exact — c’est désormais chose faite. La cheffe de projet Isabelle Emmenegger confirme: «L’arène doit être construite sur la Plaine de Plainpalais.»
Un site central, à l’image du cirque Knie
Cet espace en forme de losange, long de 640 mètres et large de 200 mètres, était autrefois une île au milieu de zones marécageuses. Aménagé en 1662, il est aujourd’hui un véritable poumon urbain. Plusieurs fois par semaine, il accueille marchés aux puces et marchés alimentaires.
La plaine sert aussi régulièrement de cadre à de grands événements. Le Cirque Knie y installe par exemple son chapiteau à la fin de l’été. Selon Isabelle Emmenegger, l’ESAF pourrait s’y tenir cinq ans plus tard: «Ce serait une fête des courtes distances. Le site est facilement accessible en bus, en tram ou à pied.»
Deux candidatures ancrées dans la nature
Un combat royal en plein centre-ville, à deux kilomètres à peine du célèbre Jet d’eau du Léman: la proposition genevoise tranche radicalement avec ses concurrentes. Les cantons du Valais et de Neuchâtel misent, eux, sur des cadres plus traditionnels.
Le projet valaisan s’inspire de l’édition de Mollis et repose sur une formule éprouvée. L’arène serait construite sur l’aérodrome entre Rarogne et Viège. Neuchâtel privilégie également un décor naturel, avec une implantation prévue à Colombier, entre vignobles et rives du lac.
Une décision attendue en 2027
À Genève, non seulement le site est désormais fixé, mais la capacité de l’arène aussi. Un stade en bois suisse de 47’000 places est envisagé — soit environ 10’000 de moins que lors de la dernière édition à Mollis, qui avait accueilli 56’500 spectateurs.
Le projet genevois se distingue aussi par sa sobriété: aucune infrastructure supplémentaire majeure ne serait construite, les organisateurs comptant sur les installations existantes. Objectif affiché: réduire les coûts.
Cette approche doit notamment permettre de proposer des billets plus abordables, incluant le transport en train. La décision finale reviendra à l’Assemblée des délégués en mars 2027, qui tranchera sur l’attribution de cette édition 2031 — potentiellement une première historique pour Genève.