Chargée de recherche à l'UNIL, Marine Tâche pose d'emblée le cadre: «Nous ne voulons pas que seuls des gens qui ont subi de la violence participent à notre étude.» Le projet s'intéresse au vécu des sportifs mineurs vaudois dans leur pratique sportive, qu'elle soit de loisir ou de compétition. Pour des raisons éthiques, ces mineurs ne sont toutefois pas interrogés directement.
C'est pourquoi l'étude s'adresse à trois groupes cibles: des jeunes adultes de 18 à 25 ans ayant pratiqué un sport en tant que mineurs, des parents ou représentants légaux de jeunes sportifs et sportives, ainsi que des entraîneurs, coaches, moniteurs ou toute autre personne encadrant des mineurs dans le sport.
Les objectifs de cette recherche sont multiples. Il s'agit d'abord d'évaluer la fréquence des différentes formes de violences rapportées par ces trois groupes et d'analyser comment cette fréquence varie selon des facteurs externes, comme le type de sport ou le niveau de compétition. L'étude vise également à analyser les liens entre les violences rapportées et le bien-être actuel des jeunes athlètes, à identifier les facteurs de risque ainsi que les éléments déclencheurs et de maintien de la violence. Enfin, elle s'intéresse aux dynamiques relationnelles, dans le but de mieux renseigner les mesures de protection des athlètes mineurs.
Pour «mieux comprendre»
Pour mener à bien ce projet, l'UNIL bénéficie d'un soutien financier de l'Administration cantonale vaudoise, via la Politique de l'enfance et de la jeunesse (PEJ), la Direction générale de la santé (DGS) et le Fonds d'utilité publique du canton de Vaud. L'étude repose également sur une collaboration entre les Instituts des sciences sociales, de psychologie et des sciences du sport, ainsi qu'avec l'Association And You et l'Association ESPAS.
Trois questionnaires distincts ont été élaborés, un pour chaque groupe de participants. «Avec toutes les réponses récoltées, nous pourrons évaluer la fréquence des violences, analyser les données et mieux comprendre dans quelles conditions elles peuvent se développer», résume Marine Tâche.
En parallèle de cette démarche scientifique, l'UNIL s'implique aussi dans la sensibilisation du public. Le podcast «Red Flag», créé par Amandine Franzoni et Caroline Naudin et soutenu par l'Observatoire de la maltraitance envers les enfants, consacre notamment deux de ses six épisodes déjà parus aux violences envers les jeunes dans le sport.