Par Richard Werly
Trump est bien l'héritier du 11-Septembre

Le président des Etats-Unis n'hésite pas à enjoliver son propre récit des attentats du 11-Septembre à New York. La réalité est qu'il est à la fois, 25 ans plus tard, l'héritier de la colère américaine et des théories du complot, estime notre journaliste Richard Werly.
L'élection de Donald Trump puise ses racines dans l'onde de choc des attentats du 11-Septembre.
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Richard Werly
Richard WerlyJournaliste Blick

Donald Trump n’aurait sans doute jamais été élu président des Etats-Unis sans les attentats du 11-Septembre 2001. Cette vérité se lit dans les sondages, dans les références utilisées par l’actuel locataire de la Maison Blanche et dans la vague déferlante de complotisme qui, depuis, a déferlé sur l’Amérique et sur le monde.

Ce jour-là, entre 8 heures et 9 heures du matin à New York, la première puissance mondiale a basculé dans l’inconnu. Un inconnu synonyme de guerre éternelle contre un ennemi, le terrorisme, qu’il est toujours possible de décliner sous différentes formes.

Oussama ben Laden, le fondateur d’Al-Qaïda, était l’ennemi islamiste parfait: fanatique, reclus dans un Afghanistan aux mains des talibans, pourfendeur de la civilisation chrétienne et occidentale. Mais depuis lors, d’autres lui ont succédé, dont certains, comme l’Etat islamique en Irak et en Syrie, largement créé par l’intervention militaire américaine contre le régime de Saddam Hussein, en 2003.

Le 11 septembre 2001 a, au final, été interprété par beaucoup d’Américains comme la preuve que la force brute est la seule solution. Dégainer le premier, tuer avant d’être tué, traquer les terroristes «morts ou vifs»: les vieilles devises de l’Ouest sont redevenues les règles.

Persuadée d’être assiégée

C’est cette Amérique-là, persuadée d’être assiégée, que Donald Trump a su conquérir à force d’accusations dirigées contre tous ceux qui mettent en cause la puissance américaine et de mensonges pour justifier son nationalisme colérique.

Présent à New York, sa ville, en cette journée fatale dont il fait aujourd’hui un récit plus qu’aléatoire, l’ancien promoteur immobilier a compris avant tout le monde qu’une partie des Américains ne supporte plus le reste du monde, le métissage inévitable qui découle de la mondialisation et les contraintes commerciales qui en résultent.

Le 11 septembre 2001 a, de surcroît, redonné des raisons d’être à la défense des frontières qu’il a toujours portée au pinacle. Et il a ajouté sur le tableau de chasse de cette Amérique blessée, défiée et en colère un nouvel ennemi, parfait successeur de l’Union soviétique de la guerre froide: l’islamisme totalitaire. Ce que Trump ne manque pas d’exploiter 25 ans plus tard, à la fois pour justifier sa guerre contre l’Iran et pour attaquer les candidats démocrates d’origine arabe aux prochaines élections de mi-mandat...

La victoire de Mamdani

Un quart de siècle plus tard, les plaies du 11 septembre sont donc tout sauf cicatrisées aux États-Unis, où le lobby militaro-industriel a besoin de menaces pour exister. Le fait que Rudy Giuliani, le maire de New York lors des attentats, soit ensuite devenu l’un des principaux conseillers de Trump n’a fait que concrétiser ce basculement.

Sauf que la société new-yorkaise, elle, n’a pas suivi la même voie. Dans cette mégapole qui a érigé de nouvelles tours pour dire sa résilience, elle vient de porter à sa tête un maire musulman, Zohran Mamdani. La reconstruction post-11-Septembre, 25 ans après, est loin d'être achevée.

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