Le commentaire de Lucie Fehlbaum
Scoop: Céline Amaudruz fait de la politique!

Avant même de s'intéresser aux idées de Céline Amaudruz, certains commentateurs alémaniques préfèrent disserter sur sa maternité. Un réflexe sexiste d’un autre âge qui empêche tout véritable débat politique, pourtant indispensable, estime Lucie Fehlbaum, cheffe de la rédaction Actualité de Blick.
Céline Amaudruz postule au Conseil fédéral en tant que politicienne et non pas en tant que maman, rappelle Lucie Fehlbaum.
Photo: BLICK
Blick_Lucie_Fehlbaum.png
Lucie FehlbaumCheffe de la rédaction Actualité de Blick Romandie

Décidément, la Suisse romande a de bien mauvaises manières: elle prétend parfois gouverner. Céline Amaudruz, qui a annoncé aujourd'hui sa candidature pour succéder à l'UDC Guy Parmelin, pousse l’insolence jusqu’à cumuler trois tares aux yeux de certains barbons fossilisés dans leurs certitudes.

Elle est genevoise, femme et mère de jeunes enfants. On comprend le vertige. Les enfants des conseillers fédéraux masculins, eux, ont sans doute toujours eu la courtoisie de se matérialiser déjà autonomes et de grandir tout seuls. Ah non, c'est vrai, pendant que papa dirige le pays, maman s'occupe des couches et des tartes aux quetsches. Que la vie est simple en 1950.

Ses idées? On verra (peut-être) plus tard

Avant même de s'intéresser à ses idées, à son parcours ou à sa vision du pays, on disserte sur sa maternité et son apparence. Mais que nos voisins d'outre-Sarine interrogent Céline Amaudruz sur ses positions, qu'ils les contestent, les mettent à l'épreuve, par pitié! Ce n'est même plus seulement une question de mépris envers nous, Romands, mais un principe élémentaire de décence et de curiosité.

Oui, il est possible d'évoquer les motivations d'une femme politique, les affaires qui ont marqué son parcours, sans s'interroger avant toute chose sur sa capacité à gouverner ET à faire tiédir du lait. C'est bien du mépris, en fait, mais pour les 50% de l'humanité, soit les femmes, qui ne perdent pas tous leurs neurones au moment de se reproduire.

Si quelques Alémaniques s’aventurent sur Blick en français, qu’ils se préparent: dans notre interview de la candidate ne figurent ni les mots biberons, ni «instinct maternel», ni «fragilité de jeune maman».

Articles les plus lus