1 place d'apprentissage sur 10 supprimée!
Swisscom forme de moins en moins d'apprentis et ça agace les syndicats

Swisscom a considérablement réduit le nombre de places de formation ces dernières années. Le syndicat Transfair s'en alarme et exige des directives plus strictes pour l'ex-régie fédérale.
Publié: 05.08.2024 à 05:59 heures
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Dernière mise à jour: 05.08.2024 à 07:07 heures
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La syndicaliste et conseillère nationale des Vert-e-s Greta Gysin critique la suppression de places d'apprentissage chez Swisscom.
Photo: keystone-sda.ch
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Lea Hartmann

Pas moins de 232 jeunes ont commencé leur apprentissage chez Swisscom la semaine dernière. Le groupe de télécommunications compte parmi les plus grandes entreprises formatrices du pays.

Ces dernières années, le nombre d'apprentis formé par l'ancienne régie fédérale a toutefois nettement diminué, comme le déplore le syndicat Transfair. En 2018, environ 960 jeunes étaient encore employés par Swisscom, selon son rapport de gestion. Cinq ans plus tard, ils sont une centaine de moins – soit une baisse de plus de 10% – alors que le nombre de postes à plein temps n'a pas beaucoup évolué durant cette période.

«Très problématique»

La présidente de Transfair, Greta Gysin, se dit préoccupée par cette évolution. «En ces temps de pénurie de main-d'œuvre qualifiée, il est très problématique que de grandes entreprises comme Swisscom réduisent le nombre de places d'apprentissage», estime la syndicaliste. En tant que groupe appartenant majoritairement à la Confédération, Swisscom a, selon Transfair, une responsabilité sociale particulière.

Le syndicat indique avoir déjà plusieurs fois cherché le dialogue avec Swisscom pour aborder la suppression des places d'apprentissage. Mais les échanges seraient difficiles selon Greta Gysin, qui regrette que beaucoup d'éléments restent inexpliqués à ce jour.

Pourquoi réduire le nombre d'apprentis?

Contacté par Blick, l'opérateur explique le recul du nombre de places d'apprentissage en soulignant que «les besoins en matière d'embauche de personnel qualifié et de profils professionnels spécifiques» évoluent en permanence. Swisscom a par exemple moins besoin d'employés de commerce et de médiamaticiens en ce moment, mais manque d'informaticiens et de développeurs. Cet été, 97 jeunes commencent un apprentissage d'informaticien chez Swisscom – un record.

Le leader suisse des télécommunications ajoute vouloir «gérer efficacement la formation professionnelle». Traduction: une plus grande proportion d'apprentis doivent trouver un emploi au sein du groupe après leur formation. Face aux critiques du syndicat Transfair, l'opérateur répond qu'il s'engage fortement dans la formation professionnelle et qu'il prend ses responsabilités envers la jeune génération.

La Poste coupe aussi des places d'apprentissage

À la Poste aussi, le nombre de places d'apprentissage a diminué ces dernières années – d'environ % depuis 2018. Mais contrairement à Swisscom, le géant jaune a procédé à des réductions de personnel. La part d'apprentis sur l'ensemble du personnel de la Poste n'a donc pas diminué. Elle a même très légèrement augmenté.

Qu'en est-il des CFF, un autre groupe aux mains de la Confédération? L'entreprise de chemins de fer a créé davantage de places d'apprentissage au cours des dernières années, selon ses propres chiffres.

Débat au Parlement?

La présidente de Transfair refuse de rester les bras croisés face aux suppressions de places d'apprentissages chez Swisscom. Greta Gysin, qui est aussi conseillère nationale tessinoise des Vert-e-s, annonce qu'elle va apporter le sujet sur la table du Parlement. Elle exige que Swisscom révèle exactement dans quelles branches des places d'apprentissage ont été sabrées.

La syndicaliste estime en outre que des garde-fous plus stricts en matière de places de formation dans les entreprises de service public doivent être considérés. «La stratégie de la Confédération n'indique pas clairement ce que l'on attend de Swisscom à cet égard, constate la conseillère nationale. Il est temps que la Confédération intervienne dans ce domaine et donne des directives claires.»

Pour Greta Gysin, les entreprises proches de la Confédération doivent en faire plus contre la pénurie de personnel qualifié. Et ce, en particulier dans le domaine des technologies de l'information et de la communication (TIC), car le manque de main d'œuvre dans cette industrie «a des répercussions négatives sur l'ensemble de l'économie suisse».

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