«Punition collective» dénoncée
Le système actuel d'aide à Gaza est «voué à l'échec», alerte l'ONU

Le système actuel d'aide à la bande de Gaza via le poste frontière de Rafah est «voué à l'échec», a mis en garde lundi le chef de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), dénonçant la «punition collective» imposée par Israël.
Publié: 30.10.2023 à 23:36 heures
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Dernière mise à jour: 30.10.2023 à 23:37 heures
Avant le 7 octobre, il entrait quotidiennement 500 camions dans la bande de Gaza. Plusieurs dizaines sont aujourd'hui en attente au poste frontière de Rafah, ci-contre, alors que les Etats-Unis se fixent comme premier objectif qu'il en passe 100 par jour.

«Soyons clairs: la poignée de convois autorisés via Rafah n'est rien comparé aux besoins de plus de 2 millions de personnes piégées à Gaza», a lancé le chef de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), Philippe Lazzarini. Il a appelé les membres du Conseil de sécurité à l'aide lundi et a réclamé un «cessez-le-feu humanitaire immédiat».

«Le système en place pour permettre l'entrée de l'aide à Gaza est voué à l'échec à moins qu'il y ait une volonté politique pour que le flot d'aide soit significatif, en rapport avec les besoins humanitaires sans précédent», a-t-il ajouté.

«Punition collective»

Selon le porte-parole de l'ONU Stéphane Dujarric, 33 camions apportant eau, nourriture et matériel médical sont entrés dimanche dans la bande de Gaza via Rafah, le volume d'aide «le plus important depuis le 21 octobre», jour de l'ouverture de ce point de passage avec l'Egypte après le siège imposé à l'enclave palestinienne en réponse à l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas du 7 octobre.

Avant le 7 octobre, environ 500 camions entraient dans la bande de Gaza chaque jour. Philippe Lazzarini a répété que ces attaques «horribles» du Hamas étaient «choquantes». Il a utilisé le même mot pour décrire les «bombardements incessants des forces israéliennes sur la bande de Gaza».

«Le siège actuel imposé à Gaza est une punition collective», a-t-il ajouté, notant que ses milliers de collègues de l'UNRWA, dont 64 ont été tués, «sont une lueur d'espoir (...) au moment où l'humanité plonge dans son heure la plus sombre».

Les Etats-Unis ne veulent pas d'un cessez-le-feu

«Les habitants de Gaza ont le sentiment de ne pas être traités comme d'autres civils. La plupart d'entre eux se sentent piégés dans une guerre avec laquelle ils n'ont rien à voir!», a-t-il insisté. «Une population entière est déshumanisée», a-t-il dénoncé, soulignant notamment le sort de milliers d'enfants tués.

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La Maison Blanche juge quant à elle possible d'arriver «dans les prochains jours» à faire entrer «100 camions par jour» d'aide humanitaire dans la bande de Gaza, a dit un porte-parole lundi.

«C'est un premier objectif», a dit John Kirby, porte-parole du Conseil de sécurité nationale, après que le président Joe Biden a appelé dimanche à augmenter «considérablement et immédiatement» le flux d'assistance vers ce territoire palestinien assiégé et bombardé par Israël, en guerre contre le mouvement islamiste Hamas qui le dirige. Joe Biden refuse en revanche un cessez-le-feu demandé par l'Assemblée générale de l'ONU ainsi que de nombreux pays du monde.

(ATS)

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