Chute de Marioupol
Les évacuations se poursuivent à Azovstal

L'opération «d'évacuation» des derniers soldats ukrainiens retranchés à l'intérieur de l'aciérie Azovstal à Marioupol doit se poursuivre mercredi, a indiqué le président ukrainien. Il n'a pas précisé le nombre de combattants qui doivent encore être évacués.
Publié: 18.05.2022 à 06:13 heures
Moscou a annoncé mardi la reddition de 265 soldats ukrainiens, qui combattaient à Marioupol.

Moscou a annoncé mardi la reddition de 265 combattants ukrainiens dont 51 «grièvement blessés», qui s'étaient rabattus sur cet immense complexe sidérurgique, dernier bastion de la résistance dans cette ville ravagée par les attaques russes. L'Ukraine avait assuré la semaine dernière que plus de 1000 soldats ukrainiens, dont 600 blessés, s'y trouvaient.

«Ces héros ukrainiens» qui ont «rempli leur mission» seront échangés contre des prisonniers russes pour leur permettre de rentrer au pays «le plus rapidement possible», a assuré le ministère ukrainien de la défense.

L'opération d'évacuation «est supervisée par nos militaires et nos services de renseignements» et implique «les médiateurs internationaux les plus influents», a ajouté le président ukrainien Volodymyr Zelensky. «Nous avons pris la décision de ne pas faire de commentaires tant que l'opération est en cours», a précisé son conseiller, Oleksiï Arestovich, à un média ukrainien.

La prise totale de Marioupol, une cité portuaire stratégique sur la mer d'Azov, assiégée dès le début mars par les Russes et chèrement défendue par les Ukrainiens au prix de vastes destructions, constituerait une avancée importante pour Moscou. Elle lui permettrait de contrôler une bande de territoire allant de la péninsule de Crimée, que les Russes ont annexée en 2014, aux territoires du Donbass (est) déjà aux mains de séparatistes prorusses.

Près de trois mois après le début de l'invasion russe, le 24 février, un soldat russe, accusé d'avoir abattu un civil non armé, comparaît devant la justice ukrainienne mercredi pour crime de guerre, une première depuis le déclenchement du conflit. Ce procès aura une valeur de test pour le système judiciaire ukrainien, au moment où les institutions internationales mènent leurs propres enquêtes sur les exactions commises par les troupes russes dans ce pays.

Le procureur de la Cour pénale internationale, Karim Khan, a annoncé le déploiement en Ukraine d'une équipe de 42 enquêteurs et experts, soit la plus importante mission en effectifs jamais envoyée sur le terrain, afin de faire la lumière sur les crimes commis pendant l'invasion russe.

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Les Etats-Unis ont également annoncé la création d'un «observatoire du conflit», doté initialement de six millions de dollars, pour «recueillir, analyser et partager largement les preuves des crimes de guerre» qu'ils imputent à la Russie en Ukraine.

Alors que la guerre entre dans une «phase prolongée», selon les mots mardi du ministre ukrainien de la défense Oleksiï Reznikov, la Suède et la Finlande soumettent ensemble mercredi leurs candidatures à l'OTAN, après des décennies de non-alignement militaire.

Les demandes d'adhésion des deux pays nordiques seront remises au siège de l'alliance à Bruxelles mercredi à 08h00 par les ambassadeurs suédois et finlandais.

Le Parlement finlandais a ouvert mardi, par un vote massif, la voie à cette candidature, dans la foulée de l'annonce officielle la veille par la Suède de la sienne.

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Alors que le président russe Vladimir Poutine a semblé mettre la sourdine lundi sur les menaces russes de représailles à une adhésion suédo-finlandaise, le principal obstacle semble désormais venir de l'intérieur de l'alliance: la Turquie, qui a réaffirmé lundi son hostilité à l'entrée de la Suède et de la Finlande.

(ATS)

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