Plus de 400 touristes sont bloqués sur l'île yéménite de Socotra, en mer d'Arabie, après l'annulation de leurs vols en raison des tensions qui secouent le pays, ont affirmé lundi des responsables locaux et un agent de voyage à l'AFP.
Le trafic aérien est perturbé au Yémen depuis plusieurs jours en raison des affrontements sur le continent entre les séparatistes du Conseil de transition du Sud (STC), soutenus par les Emirats arabes unis, et des forces gouvernementales appuyées par l'Arabie saoudite.
Surnommée «les Galapagos de l'océan Indien» et classée au patrimoine mondial de l'Unesco, l'île de Socotra attire de nombreux touristes et influenceurs. Mais depuis la déclaration par le gouvernement de l'état d'urgence fin décembre, tous les vols intérieurs et internationaux ont été suspendus, y compris les trois vols hebdomadaires transportant généralement les touristes à partir d'Abou Dhabi, a expliqué un représentant local.
Selon lui, 416 touristes sont actuellement retenus sur l'île, dont plus d'une soixantaine de Russes. «Nous avons plus de 400 touristes étrangers (...) leurs vols ont été annulés», a confirmé l'adjoint au gouverneur de Socotra chargé de la culture et du tourisme, Yehya ben Afrar.
Un agent de voyage présent à Socotra, a communiqué à l'AFP un chiffre similaire. La plupart de ces touristes viennent via les Emirats arabes unis, principaux soutiens du STC, qui contrôle l'île.
Début décembre les séparatistes du STC, qui fait partie du gouvernement yéménite, se sont emparés de vastes territoires dans le sud du Yémen, provoquant la colère des autres factions au sein du gouvernement, soutenues par l'Arabie saoudite.
Ambassades mobilisées
Situées dans les eaux turquoise de la mer d'Arabie, au large des côtes sud du Yémen, les quatre îles et deux îlots rocheux de l'archipel de 50'000 habitants ont été relativement épargnés par le conflit qui dévaste ce pays pauvre de la péninsule arabique depuis plus de dix ans.
Un diplomate occidental a indiqué à l'AFP que des «dizaines» de touristes étrangers qui s'étaient rendus dans l'île pour célébrer le nouvel an se sont retrouvés coincés après que leurs vols ont été annulés. Ils sont «bloqués sur l'île et font appel à leurs ambassades pour être évacués. Leurs ambassades respectives ont contacté les gouvernements saoudien et émirati pour faciliter leur évacuation», selon la même source. Des Britanniques, des Français et des Américains figurent parmi les personnes bloquées, selon un autre diplomate occidental, ainsi que deux Chinois, selon l'agent de voyage sur place.
Le porte-parole du ministère polonais des Affaires étrangères, Maciej Wewior a pour sa part indiqué sur X que des touristes polonais étaient également bloqués, ajoutant que les vols à destination de Socotra desservis par une compagnie émiratie étaient suspendus jusqu'à mardi.
Vendredi, les factions du gouvernement yéménite soutenues par l'Arabie saoudite ont lancé une opération contre les positions du STC dans la province de Hadramout, dans le sud du Yémen, accompagnée de frappes de l'aviation saoudienne.
Le gouvernement yéménite regroupe des forces hétéroclites opposées aux rebelles houthis, soutenus par l'Iran, qui se sont emparés de la capitale Sanaa en 2014, puis de larges parties du nord du pays. Une coalition dirigée par Ryad a été mise en place en 2015 pour soutenir le gouvernement yéménite face aux rebelles houthis, soutenus par l'Iran, qui se sont emparés de la capitale Sanaa en 2014, puis de larges pans du nord du pays.
Une trêve conclue en 2022 est globalement respectée dans ce conflit, qui a fait des centaines de milliers de morts, morcelé le pays et provoqué l'une des pires crises humanitaires au monde.