Démission du procureur général, figure de la répression sous Maduro
Le procureur général du Venezuela Tarek William Saab, figure de la répression sous Nicolas Maduro, a démissionné, moins de deux mois après la capture du président par l'armée américaine et alors que la présidente par intérim Delcy Rodriguez a promis une réforme judiciaire.
Il est toutefois nommé Défenseur du peuple à titre intérimaire, une mesure qui indigne les victimes de la répression sous sa magistrature. Sous pression américaine, Delcy Rodriguez, qui a fait adopter une loi d'amnistie la semaine dernière et ouvert le secteur pétrolier au privé en janvier, a écarté ces dernières semaines plusieurs personnalités et notamment Alex Saab (aucun lien de famille avec Tarek William Saab), homme lige du président déchu Nicolas Maduro.
Selon sa lettre de démission lue à l'Assemblée, Tarek William Saab affirme «avoir exercé cette charge avec rectitude et honneur au coeur d'une conjoncture historique de défi exceptionnel pour le présent et l'avenir de notre patrie, où nous avons assumé le rôle constitutionnel de préserver la paix et de protéger les droits humains de notre peuple face à des agressions inimaginables contre la nation vénézuélienne».
Ancien gouverneur de l'Etat d'Anzoategui (nord-est) pour le parti au pouvoir, Tarek William Saab a été l'une des figures de proue de la justice vénézuélienne lors de la répression des manifestations qui ont suivi la réélection contestée de Nicolas Maduro en juillet 2024. De nombreux manifestants ont notamment été inculpés de «terrorisme». «Il a placé son identité idéologique bien au-dessus de ses principes de défense des droits humains», a estimé Rafael Uzcategui, figure de la société civile qui l'a côtoyé pendant des années.
Source: AFP
Delcy Rodriguez invite les exilés vénézuéliens à revenir grâce à l’amnistie
La présidente par intérim du Venezuela Delcy Rodriguez a déclaré lundi que les Vénézuéliens partis à l'étranger seraient accueillis les bras ouverts dans le cadre de la loi d'amnistie promulguée jeudi, moins de deux mois après la capture du président Nicolas Maduro par l'armée américaine le 3 janvier.
«Je vous le dis: les portes du Venezuela, les bras du peuple vénézuélien sont ouverts à ceux qui veulent revenir dans ce processus de guérison de la haine», a-t-elle dit lors d'une cérémonie télévisée, alors que 7 millions de Vénézuéliens ont fui le pays en raison de la crise politique et économique et que de nombreux opposants vivent en exil. Sous la pression de Washington, Delcy Rodriguez a dans le cadre de son intérim opéré de nombreux changements, faisant adopter une amnistie pour libérer les prisonniers politiques et réformant le secteur pétrolier pour l'ouvrir au privé.
Lundi, a elle a toutefois mis en garde: «Je suis au courant que certains secteurs (de l'opposition) ne sont pas en train de lire correctement ce qui se passe (...) Le 3 janvier, c'est le Venezuela qui a perdu. Il n'y a pas eu de vainqueur (...) Je vois déjà qu'il y a des secteurs qui interprètent mal la loi d'amnistie et le processus de coexistence».
Elle a fustigé ceux qui «depuis un hôtel de luxe aux Etats-Unis ou en Europe, prétend(ent) faire dérailler ce processus, prétend(ent) troubler le chemin de la tranquillité et de la paix au Venezuela». La cheffe de l'opposition et prix Nobel de la Paix Maria Corina Machado ainsi que Edmundo Gonzalez Urrutia, le candidat d'opposition à la présidentielle de 2024, ou des figures comme Juan Guaido ou Leopoldo Lopez se trouvent tous à l'étranger et le pouvoir, sous Maduro, les a régulièrement accusés de comploter.
Source: AFP
23 nouvelles libérations en vertu de la loi d'amnistie
Vingt-trois nouveaux prisonniers ont été libérés dimanche au Venezuela en vertu de la loi d'amnistie adoptée sous la pression des Etats-Unis, a annoncé l'ONG Foro Penal. Parmi ceux-ci figurent au moins sept membres de Vente Venezuela, le parti de l'opposante Maria Corina Machado.
«Bienvenue à la maison, mon cher Juan! Ta famille, ta mère, tes soeurs et toute ta famille Vente. Nous n'avons pas cessé de nous battre», a écrit Maria Corina Machado sur le réseau social X après la relaxe de Juan Freites, un cadre du parti. «Bientôt, nous nous embrasserons en toute liberté!»
Avant ces nouvelles libérations, la justice vénézuélienne avait accordé la liberté à 379 prisonniers politiques dans le cadre de cette loi qui avait été promise, sous la pression de Washington, par la présidente par intérim Delcy Rodriguez. Au total, 1557 détenus ont demandé leur libération en vertu de la loi, selon la dirigeante.
Dimanche, 214 prisonniers se sont déclarés en grève de la faim, estimant pour la plupart être exclus de cette loi. Delcy Rodriguez a amorcé une normalisation des relations avec Washington, rompues depuis 2019, depuis qu'elle a pris les rênes du pouvoir après la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro au cours d'une opération militaire américaine le 3 janvier.
Source: AFP
Le chef du commandement militaire américain pour l'Amérique latine a visité le Venezuela
Le chef du commandement militaire américain pour l'Amérique latine et les Caraïbes (Southcom) a visité mercredi le Venezuela, a annoncé l'ambassade américaine dans ce pays, moins de deux mois après la capture du président Nicolas Maduro lors d'une spectaculaire opération américaine le 3 janvier.
«Un autre jour historique où nous avons accueilli le commandant du @SOUTHCOM, le général (Francis) Donovan, au Venezuela», a écrit la cheffe de mission américaine Laura Dogu sur X, indiquant que ce dernier avait rencontré à Caracas «les autorités intérimaires afin d'évaluer la question de la sécurité (...) et de faire progresser l'objectif d'un Venezuela aligné sur les Etats-Unis».
Source: AFP
Delcy Rodriguez promet des élections libres
La présidente par intérim du Venezuela Delcy Rodriguez s'est engagée, dans un entretien avec la chaîne américaine NBC diffusé jeudi, à organiser des élections libres dans le pays. Interrogée pour savoir si elle s'engageait sur la tenue d'élections «libres et équitables», celle qui a pris la relève de Nicolas Maduro, capturé début janvier par les Etats-Unis, a répondu «oui, absolument», selon la traduction de NBC.
«Organiser des élections libres et équitables au Venezuela, ça veut dire un pays libre où la justice prévaut», mais aussi «sans sanctions, un pays qui n'est pas sous le coup des intimidations internationales, du harcèlement de la presse étrangère», a-t-elle ajouté via un traducteur. L'opposition avait boycotté les élections législatives de 2025.
Un an plus tôt, quelque 2400 personnes avaient été arrêtées et 28 tuées lors de la répression des troubles après l'élection présidentielle contestée de Nicolas Maduro. L'opposition, qui revendique toujours la victoire à cette élection, a accusé le pouvoir de fraude, publiant des procès-verbaux de bureaux de vote donnant son candidat, Edmundo Gonzalez Urrutia, vainqueur.
Le Conseil national électoral (CNE), accusé d'être aux ordres du pouvoir, n'a jamais publié de résultats détaillés, disant avoir été victime d'une attaque informatique. Jeudi, l'Assemblée nationale vénézuélienne a entamé le débat final en vue de l'adoption d'une loi d'amnistie générale, qui doit conduire à des libérations massives de prisonniers politiques, alors que des milliers de personnes ont participé à la première grande manifestation d'opposition depuis la chute de Nicolas Maduro.
Source: AFP
Un dirigeant de l'opposition arrêté peu après sa libération
Juan Pablo Guanipa, dirigeant de l'opposition vénézuélienne et proche de la lauréate du prix Nobel de la paix Maria Corina Machado, a été arrêté lundi, quelques heures après sa sortie de prison, le parquet estimant qu'il avait enfreint les conditions posées à sa libération.
Le parquet a demandé à la justice que cet ancien vice-président du Parlement, âgé de 61 ans, soit soumis «à un régime de résidence surveillée». Après sa libération dimanche, Juan Pablo Guanipa s'était rendu à moto devant plusieurs prisons de Caracas, y retrouvant des proches de prisonniers politiques et échangeant avec la presse.
Il y a dénoncé le résultat de l'élection présidentielle de 2024, qui avait permis la reconduction du socialiste Nicolas Maduro, l'opposition affirmant avoir été privée de la victoire grâce à des fraudes. Dans des déclarations à l'AFP, l'opposant a appelé au «respect de la volonté du peuple vénézuélien» et à de nouvelles élections.
Maria Corina Machado avait annoncé son enlèvement dimanche soir. Le fils de l'opposant, Ramon Guanipa, a également indiqué que son père avait été kidnappé «par environ dix personnes non identifiées». Son parti, Primero Justicia, a dénoncé l'enlèvement de son dirigeant «par les forces répressives de la dictature».
Juan Pablo Guanipa est la figure la plus emblématique parmi les prisonniers d'opposition. Sa dernière apparition publique datait du 9 janvier 2025, lorsqu'il avait accompagné Machado à un rassemblement contre l'investiture de Nicolas Maduro pour un troisième mandat consécutif. Arrêté en mai 2025 sur des accusations de complot électoral, il avait ensuite été inculpé de terrorisme, blanchiment d'argent et d'incitation à la violence et à la haine.
Source: AFP
Deux opposants politiques libérés de prison au Venezuela
Juan Pablo Guanipa, un dirigeant de l'opposition vénézuélienne, et un autre proche de la lauréate du prix Nobel de la paix María Corina Machado ont été libérés de prison dimanche. Ces libérations interviennent deux jours avant un vote au Parlement sur une loi d'amnistie générale. Depuis l'Espagne où il vit en exil, Edmundo González Urrutia, qui revendique la victoire à la présidentielle de 2024 au Venezuela, a exigé «la libération immédiate» de tous les prisonniers politiques, dans un message sur le réseau social X.
Arrêté en mai 2025, Juan Pablo Guanipa a montré dans une vidéo publiée sur X ce qui semble être son ordre de mise en liberté. «Caché pendant dix mois, détenu ici pendant presque neuf mois» à Caracas, a-t-il commenté. «Nous sortons, libres, après un an et demi», a ajouté cet ancien vice-président du Parlement, âgé de 61 ans, ajoutant qu'il y a «beaucoup à dire sur le présent et l'avenir du Venezuela, toujours en mettant la vérité au premier plan».
Un autre opposant, Perkins Rocha, conseiller juridique de María Corina Machado, a également été relâché par les autorités. «L'accolade à la maison a eu lieu! Nous avons déjà parlé à nos enfants», a commenté sur X son épouse María Constanza Cipriani, déplorant toutefois que son retour chez lui soit assorti de «strictes mesures de précaution» qu'elle n'a pas précisées.
Perkins Rocha, 63 ans, était emprisonné depuis un an et demi. Il avait été arrêté le 27 août 2024, après la réélection contestée de Nicolás Maduro le 28 juillet 2024. Le 8 janvier, le gouvernement intérimaire vénézuélien a promis, sous la pression des Etats-Unis, un processus de libération d'un «nombre significatif» de prisonniers. Depuis lors, des familles et des ONG dénoncent le fait que cela se fasse au compte-gouttes.
Source: AFP
Le Venezuela avance vers une loi d'amnistie historique après 27 ans de pouvoir socialiste
L'Assemblée nationale vénézuélienne a fait un premier pas jeudi vers l'adoption d'une loi d'amnistie générale historique couvrant les 27 ans de pouvoir chaviste, la doctrine du feu président Hugo Chavez, un peu plus d'un mois après la capture de Nicolas Maduro lors d'une opération américaine.
«Un événement très important s'est produit pour le Venezuela: l'adoption à l'unanimité par toutes les forces politiques présentes à l'Assemblée en première lecture de la loi d'amnistie, qui est une loi pour la paix et la réconciliation nationale», a estimé en soirée la présidente par intérim Delcy Rodriguez, qui l'avait promise vendredi sous pression américaine.
La loi «peut être le début d'une étape historique. Nous pouvons faire en sorte que le Venezuela entre dans une spirale de reconnaissance mutuelle, de respect, de tolérance, d'accords et où, au final, nous puissions trouver la paix», s'était plus tôt enthousiasmé le député d'opposition Tomas Guanipa lors des débats.
Le texte approuvé en première lecture jeudi sera à nouveau débattu mardi à l'Assemblée en vue de son approbation définitive. La loi doit permettre la libération de tous les prisonniers politiques ainsi que l'abandon des poursuites à leur encontre.
Le texte couvre les crimes de «terrorisme», «trahison» ou «incitation à la haine», chefs d'accusation fréquemment utilisés pour emprisonner les prisonniers politiques.
Source: AFP
Maria Machado se dit prête à rencontrer la présidente par intérim en vue d'une «transition»
Maria Corina Machado, principale figure de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la Paix, est prête à rencontrer la présidente par intérim Delcy Rodríguez «si nécessaire» pour établir le «calendrier d'une transition», a annoncé lundi son service de presse.
L'opposante a évoqué de telles discussions lors d'une réunion en ligne avec des médias colombiens, un mois après la capture du président Nicolás Maduro par l'armée américaine à Caracas.
«S'il est nécessaire d'échanger lors d'une rencontre pour définir le calendrier d'une transition, ce sera fait», a affirmé Maria Machado, selon une transcription de son service de presse. Mais le gouvernement provisoire de Delcy Rodríguez «reste la mafia», a-t-elle ajouté.
Source: AFP
Les Etats-Unis évoquent une «transition» avec la présidente par intérim du Venezuela
La nouvelle cheffe de mission diplomatique des Etats-Unis pour le Venezuela Laura Dogu a rencontré lundi pour la première fois la présidente par intérim Delcy Rodriguez, écrivant sur X avoir évoqué une «transition», un mois après la capture de Nicolas Maduro par l'armée américaine.
«J'ai rencontré Delcy Rodríguez et Jorge Rodríguez (président de l'Assemblée nationale) pour réitérer les trois phases que (le chef de la diplomatie américaine Marco) Rubio a proposées pour le Venezuela: stabilisation, reprise économique et réconciliation, et transition.»
En parallèle, Delcy Rodriguez a nommé l'ancien ministre des Affaires étrangères Felix Plasencia comme chef de mission diplomatique aux Etats-Unis, alors que les relations entre les deux pays sont rompues depuis 2019.
Source: AFP
Trump fait rouvrir l'espace aérien du Venezuela aux vols commerciaux
Donald Trump a annoncé jeudi avoir demandé la réouverture de l'espace aérien du Venezuela pour les vols commerciaux, presque un mois après le spectaculaire raid américain au cours duquel le président Nicolas Maduro a été fait prisonnier. Le président américain a souhaité dans la matinée que cette réouverture intervienne «d'ici la fin de la journée», a-t-il dit au début d'un conseil des ministres à la Maison Blanche.
«Les citoyens américains vont, dans très peu de temps, être en mesure d'aller au Venezuela et ils y seront en sécurité. (Le pays) est sous un contrôle très ferme», a précisé Donald Trump, indiquant avoir discuté juste avant sa prise de parole avec la présidente vénézuélienne par intérim Delcy Rodriguez.
Environ deux heures plus tard, le régulateur américain de l'aviation (FAA) a indiqué sur son compte X avoir «retiré quatre NOTAM (avertissements aux pilotes, NDLR) concernant la région des Caraïbes, y compris une portant sur le Venezuela». Il a ajouté avoir fait de même pour des mises en garde au sujet des espaces aériens de Curaçao, de San Juan (Porto Rico) et des régions dépendant du centre de gestion des vols de Piarco, à Trinidad et Tobago.
«Ces NOTAM avaient été émises par mesure de précaution et ne sont plus nécessaires», a précisé le régulateur, assurant que la sécurité restait sa «priorité principale». «Nous avons hâte de faciliter la reprise des trajets réguliers entre les Etats-Unis et le Venezuela», a-t-il poursuivi.
Source: AFP