En bref
- Une nouvelle règle en Croatie, en vigueur dès le 1er octobre, impose aux commerces et restaurants d’afficher un «prix de référence» en plus du prix actuel, basé sur les tarifs au 10 septembre, pour plus de transparence envers les touristes.
- Depuis l'adoption de l'euro en 2023, de nombreux établissements en Croatie ont augmenté leurs prix, alimentant une inflation de 4,2% en août et provoquant une hausse des coûts pour les touristes.
- Entre 2015 et 2024, les prix dans le secteur touristique croate ont bondi de 70%, suscitant la colère des restaurateurs qui dénoncent des formalités administratives alourdies par cette nouvelle mesure.
Dans la plupart des cantons, les vacances d’automne approchent à grands pas. Pour de nombreux Suisses, c’est la dernière occasion de profiter encore une fois du soleil et de la mer, et la Croatie est une destination très prisée. Mais si vous vous rendez sur la côte adriatique pour vos vacances, vous devrez vous adapter à une nouvelle règle qui peut prêter à confusion.
Dès le 1er octobre, les établissements croates devront afficher, en plus du prix actuel, un «prix de référence», indique le ministère de l’Économie dans un communiqué. Ce prix correspondra à celui pratiqué le 10 septembre. La mesure concerne de nombreux commerces, mais aussi les coiffeurs, les agences de location de voitures, les prestataires de loisirs et les restaurants. Concrètement, si une pizza coûtait 18 euros en septembre et passe à 20 euros en octobre, les deux montants devront apparaître sur la carte. Et même si le prix n’a pas changé, l’établissement devra tout de même l’indiquer deux fois.
Une plus grande transparence
L'objectif de cette mesure est clair. Le gouvernement croate souhaite offrir aux visiteurs une plus grande transparence en matière de prix. En effet, ces dernières années, la Croatie perd de plus en plus sa réputation de destination bon marché face à l’Italie et à l’Espagne. Ce pays de la côte adriatique est confronté depuis longtemps à une inflation galopante – elle s’élevait à 4,2% en août.
À cette inflation s’ajoute l’effet du passage à l’euro, début 2023. De nombreux établissements touristiques auraient profité du changement de monnaie pour revoir leurs tarifs à la hausse. Conséquence: les visiteurs doivent dépenser davantage, tandis que les prix des hébergements, des restaurants et des activités de loisirs s’envolent. La cherté de la côte adriatique avait déjà fait les gros titres l’été dernier. Selon les chiffres officiels de l’Office croate des statistiques, les prix dans le secteur du tourisme ont augmenté de 70% entre 2015 et 2024.
«Des scènes grotesques»
Pendant ce temps, la frustration grandit, en particulier chez les restaurateurs croates. Franz Letica, président de l’association des restaurateurs de Zagreb, met en garde contre les risques de confusion: «Il y aura des scènes grotesques aux tables», a-t-il déclaré à la chaîne locale Dnevnik Nove TV. Par ailleurs, de nombreux exploitants redoutent l’alourdissement des formalités administratives. En effet, à partir d’octobre, ils devront constamment mettre à jour et réimprimer leurs menus et leurs listes de prix. En revanche, cette nouvelle mesure ne concernera pas les logements. Une différence de traitement qui est loin de faire l'unanimité.