Trois points de désaccord
Au grand dam de Donald Trump, la Première dame n’en fait qu’à sa tête

Longtemps discrète, Melania Trump multiplie désormais les apparitions publiques et les prises de parole. Ces derniers jours, elle s'est notamment démarquée du président sur le communisme, les médias ou encore son bilan politique.
Photo: SHUTTERSTOCK EDITORIAL
Wiebke Köhne

Melania Trump brille généralement par son absence. Le mois dernier encore, plusieurs médias américains s’interrogeaient sur sa discrétion prolongée, jugée inhabituelle. NBC News avait même passé au crible ses apparitions publiques. Conclusion: depuis le début du second mandat de Donald Trump, la Première dame participe à environ deux fois moins d’événements publics qu’à la même période lors de son premier passage à la Maison-Blanche.

Mais ces derniers jours, la donne a changé. Melania Trump apparaît davantage en public et occupe plus volontiers le devant de la scène. Elle a notamment accompagné Donald Trump lors de sa rencontre avec le président chinois Xi Jinping et accordé plusieurs interviews. Surtout, l’ancienne mannequin affiche une liberté de ton inhabituelle, allant parfois jusqu’à prendre ses distances avec les positions de son mari.

Son enfance sous le communisme

A l’approche des élections de mi-mandat, Donald Trump multiplie les attaques contre ce qu’il présente comme le «plus grand danger» pour les États-Unis: le communisme. Le républicain qualifie aussi régulièrement certains adversaires démocrates de communistes, espérant visiblement mobiliser son électorat autour de ce thème.

Or Melania Trump est venue brouiller ce message. Dans une interview accordée mercredi à Fox Business, elle a évoqué son enfance en ex-Yougoslavie, alors communiste, en des termes très positifs. «J’ai grandi sous le communisme et, honnêtement, rien ne m’a manqué», a-t-elle déclaré, parlant même d’une «merveilleuse enfance».

Elle accueille CNN et Politico

Autre signe d’indépendance: alors que Donald Trump ferme les portes de la Maison Blanche à certains médias qu’il critique, le bureau de la Première dame continue, selon CNN, de délivrer des accréditations à CNN et Politico. Cette décision aurait notamment permis à CNN d’accéder à un événement organisé mardi en marge de l’Assemblée générale de l’ONU.

Selon une source citée par la chaîne américaine, Melania Trump savait parfaitement que Donald Trump avait interdit l’accès de CNN au moment où son bureau a accordé l’accréditation. L’interdiction avait été prononcée la veille. En validant tout de même cette décision, la Première dame montre surtout une chose: elle entend agir selon ses propres règles.

«Je lui dis toujours la vérité»

Mercredi matin, lors de son passage dans l’émission «Fox & Friends», Melania Trump a aussi laissé entendre qu’elle ne ménageait pas toujours son mari. L’interview intervenait après le discours de Donald Trump devant l’Assemblée générale de l’ONU. Elle a expliqué lui avoir fait des retours positifs cette fois-ci, avant de préciser que ce n’était pas toujours le cas. «Je lui dis toujours la vérité. Parfois, il ne veut pas l’entendre, mais ce n’est pas grave», a-t-elle affirmé.

Plus tard, interrogée sur le second mandat de Donald Trump, Melania Trump a assuré que son mari s’y investissait pleinement avec une énergie remarquable. Mais répond-il pour autant aux attentes de ses électeurs? Sur ce point, la Première dame a habilement laissé la question ouverte.

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