Le coût de la vie continue de grimper aux Etats-Unis. La guerre menée contre l’Iran fait flamber les prix de l’essence, tandis que la politique douanière de Donald Trump renchérit de nombreux produits du quotidien.
Et une denrée centrale de l'alimentation américaine en fait particulièrement les frais: le bœuf. Sans viande hachée pour façonner les patties pour les burgers, les habitudes de nombreux Américains se retrouvent chamboulées. C'est d'ailleurs l'un des plats préférés de Donald Trump lui-même.
Une situation due, entre autres, aux sécheresses et multiples incendies de forêt qui ont frappé les Etats-Unis et contribué à faire chuter le cheptel bovin américain à son niveau le plus bas depuis 75 ans. L'offre dégringole, tandis que la demande reste toujours aussi forte. Résultat: les prix des hamburgers et d'autres produits à base de viande hachée s'envolent.
Une situation qui passe mal auprès d’une partie des électeurs de Donald Trump, et qui pourrait compliquer la tâche du républicain à l’approche des élections de mi-mandat de novembre.
De la viande bon marché d’Argentine
Le président américain a donc décidé de s’attaquer sans plus attendre aux droits de douane sur la viande bovine importée. Une mesure qui devrait notamment ravir son allié argentin, Javier Milei. Ainsi, dès le 1er septembre, quelque 300'000 tonnes de viande bovine, principalement en provenance d’Argentine, pourront être importées sans droits de douane pour approvisionner la production de viande hachée américaine.
Mais cette mesure risque d'irriter les éleveurs de bovins américains, qui constituent un groupe électoral central pour Trump. Ces derniers redoutent de voir affluer sur le marché de la viande hachée étrangère à prix cassé, désormais exonérée de droits de douane, alors que le secteur traverse déjà une période difficile. Par ailleurs, une concurrence étrangère bon marché pourrait décourager les éleveurs – déjà fragilisés – d’investir dans la reconstitution de leurs troupeaux.
Et Donald Trump le sait. Pour les économistes, cette mesure relève davantage du geste politique que d’une véritable stratégie destinée à faire baisser les prix. En effet, la quantité de viande bovine autorisée à l’importation ne représente que 2% de la consommation américaine. Les experts estiment donc qu'il y aura une quantité très limitée de viande hachée étrangère bon marché dans les rayons américains.