Il n'y a pas actuellement de risque de pénurie de pétrole en Hongrie ou en Slovaquie, en dépit de l'interruption des livraisons de brut russe via l'oléoduc Droujba, d'autres solutions permettant de maintenir l'approvisionnement de ces deux pays, a assuré mercredi la Commission européenne.
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, proche de Vladimir Poutine, a mis son veto à l'octroi d'un prêt de 90 milliards d'euros de l'Union européenne à l'Ukraine, et à de nouvelles sanctions contre Moscou, si Kiev ne rétablissait pas les livraisons de pétrole russe via Droujba.
Budapest accuse Kiev de traîner les pieds pour rouvrir cet oléoduc, endommagé par des frappes russes en janvier. La Hongrie et la Slovaquie affirment qu'il a été réparé, mais le président ukrainien Volodymyr Zelensky, interrogé mardi sur ce point, a laissé entendre que ces travaux n'étaient pas encore terminés.
Il a aussi invité Budapest à aborder le sujet avec Moscou, qui a bombardé selon lui cet oléoduc «à plusieurs reprises» dans le cadre de ses frappes sur les infrastructures énergétiques ukrainiennes. Le Premier ministre slovaque Robert Fico a déclaré mercredi lors d'un point presse que la reprise des livraisons à travers Droujba avait été une nouvelle fois reportée au 3 mars.
«Garantir la sécurité de l'approvisionnement»
La veille, le ministère slovaque de l'économie avait indiqué qu'elles allaient reprendre le 26 février, après plusieurs autres dates avancées déjà. La Hongrie et la Slovaquie ont commencé à puiser dans leurs stocks d'urgence, limités à trois mois d'importations, mais d'autres solutions existent, via notamment un autre oléoduc, Adria, qui passe lui par la Croatie, a assuré une porte-parole de la Commission, à l'issue d'une réunion d'experts qui ont fait le point sur la situation.
«Cela garantira la sécurité de l'approvisionnement en Hongrie et en Slovaquie», a déclaré cette porte-parole, Anna-Kaisa Itkonen. «L'oléoduc a une capacité suffisante pour accroître les volumes afin de couvrir entièrement les besoins hongrois et slovaques», avec du pétrole provenant d'autres pays que la Russie, et des cargaisons supplémentaires de brut vont arriver par bateau en Croatie pour approvisionner Adria, a-t-elle assuré. Elle a toutefois souligné ne pas être en mesure de savoir si cette option pourrait suffire à convaincre la Hongrie de lever son veto, indiquant que des discussions au niveau politique étaient «en cours».
La semaine dernière, M. Fico avait souligné qu'Adria posait «deux problèmes»: «nous n'avons jamais testé sa pleine capacité» et le prix par tonne de pétrole pour 100 kilomètres de transport «sera cinq euros, soit cinq fois plus» qu'à travers Droujba. L'UE va accorder ce prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine «d'une façon ou d'une autre», a assuré mardi à Kiev la cheffe de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. «Nous avons plusieurs options. Et nous les utiliserons», a-t-elle ajouté.