Quatre ans après l'invasion russe
Corruption, propagande, Europe: ces mythes qui déforment la guerre en Ukraine

Poutine veut vraiment mettre fin à la guerre, Zelensky est corrompu, etc. Quatre ans après l'invasion, Blick démonte les fausses idées les plus répandues sur le conflit russo-ukrainien.
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Le 24 février marque le quatrième anniversaire de l'invasion russe en Ukraine.
Photo: AP
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Samuel Schumacher

Quatre ans de guerre, 1,2 million de Russes morts ou blessés, des centaines de milliers d’Ukrainiens tués, un front figé. L'horreur en Ukraine dure désormais depuis aussi longtemps que la Première Guerre mondiale. Et rien n’indique qu’un camp soit prêt à renoncer.

Quatre années après l’invasion russe, la désinformation et la propagande continue de brouiller la perception du conflit en Europe de l’Est. Blick a sélectionné quatre idées reçues parmi les plus répandues et les plus trompeuses:

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Poutine veut mettre fin à la guerre

Istanbul, Doha, Miami, Genève: les lieux de discussions entre Russes et Ukrainiens se sont multipliés ces dernières années pour négocier un accord de paix. Mais hormis des échanges de prisonniers, aucun résultat tangible n’a émergé.

Le président russe Vladimir Poutine n'a aucun intérêt à stopper le conflit. Il ne cherche donc pas à arrêter la guerre, mais à l’emporter. Les négociations constituent pour lui un instrument stratégique pour obtenir par la diplomatie ce que l’armée ne parvient pas à conquérir.

Après quatre ans de combats, les forces russes ne contrôlent toujours pas l’ensemble du Donbass. Moscou tente donc d’obtenir, autour de la table, des concessions territoriales que Kiev refuse sur le champ de bataille.

Lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a qualifié Vladimir Poutine «d’esclave de la guerre». Selon lui, le système politique russe repose sur la confrontation permanente avec un ennemi extérieur, qui éclipse les difficultés internes.

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Zelensky est corrompu

En 2025, un vaste scandale de corruption a éclaté en Ukraine. Un réseau impliquant ministres, hauts fonctionnaires et entrepreneurs privés aurait détourné environ 100 millions d’euros via l’agence nationale de l’énergie. Le ministre de la Justice et la ministre de l’Energie ont démissionné. Andriy Yermak, chef de l’administration présidentielle et proche collaborateur de Volodymyr Zelensky, a lui aussi quitté ses fonctions.

Peu avant les révélations, le gouvernement avait adopté une loi renforçant le contrôle politique sur les autorités anticorruption. Face aux protestations dans le pays, Volodymyr Zelensky a finalement retiré le texte. En revanche, les rumeurs évoquant des yachts de luxe ou des palais attribués au président ukrainien ne reposent sur aucune preuve établie. A ce jour, aucun élément concret ne démontre son implication personnelle dans des affaires d’enrichissement illicite. 

Mais les arrestations régulières de responsables publics montrent que la corruption reste un réel problème en Ukraine. Elles témoignent aussi d’une volonté d’agir contre ces pratiques, sous pression de la société civile et des partenaires occidentaux.

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Le temps joue en faveur des Russes

La Russie compte environ 145 millions d’habitants, contre 44 millions pour l’Ukraine. Elle dispose d’importants stocks d’armes et de munitions. Les hésitations américaines sur l’aide militaire ont également fragilisé Kiev, alors que Trump fait fièrement afficher des photos de lui accompagné de Poutine à la Maison Blanche.

Pour autant, l’avantage du temps n’est pas acquis à Moscou. Après quatre ans de guerre, la Russie ne contrôle toujours pas l’ensemble des territoires qu’elle revendique dans l’est de l’Ukraine. La coupure du service Internet par satellite aux Russes par Starlink a par ailleurs provoqué un aveuglement stratégique sur le front qui a permi aux Ukrainiens de gagner du territoire important au sud du pays.

Les sanctions occidentales, notamment celles visant les groupes pétroliers Rosneft et Lukoil, pèsent sur l’économie russe. Les pertes humaines restent très élevées, avec des estimations dépassant le millier de soldats par jour selon plusieurs sources occidentales. Le renouvellement des effectifs devient plus difficile et plus coûteux.

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La Russie n'attaquera pas l'Europe

La confrontation ne se limite pas au front ukrainien. Cyberattaques contre des infrastructures critiques, campagnes de désinformation, pressions hybrides dans les pays baltes, incidents maritimes ou violations de l’espace aérien. Les tensions s’étendent au-delà du champ de bataille établi.

L'attaque russe contre l'Europe a commencé il y a longtemps. Il ne s’agit certes pas d’une offensive militaire ouverte contre l’Europe occidentale, mais d’une stratégie d’influence et de déstabilisation. Pour l'instant, ces actions ne prennent pas la forme d’un conflit armé direct. Elles traduisent toutefois une rivalité durable entre Moscou et les pays européens.

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