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Humilié de toutes parts, Trump se défoule sur un nouvel ennemi

La nouvelle piste d'atterrissage pour hélicoptères aménagée dans le jardin de la Maison Blanche ravit Donald Trump. Hormis cela, le mois de septembre du président américain a tout d'un véritable cauchemar. Et sa réaction s'annonce extrême...
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A quelques semaines des élections de mi-mandat, la situation devient de plus en plus délicate pour le 47e président des Etats-Unis.
Photo: AP Photo/Alex Brandon
Samuel Schumacher

Imaginez la scène: vous avez déclenché une guerre à plusieurs milliards de dollars, vous vous êtes brouillé avec votre pays voisin, la Cour suprême vient de vous infliger un camouflet cinglant et votre cote de popularité touche le fond.

Deux options s'offrent alors à vous: soit vous vous retroussez les manches pour vous remettre au travail, soit vous allumez un nouveau contre-feu pour faire oublier vos échecs. Donald Trump a opté pour la seconde solution, se trouvant un nouvel ennemi sur lequel passer ses nerfs. Une colère d'autant plus vive qu'il vient de traverser la pire semaine de son second mandat.

Et c'est le John F. Kennedy Center for the Performing Arts qui fait aujourd'hui les frais de cette rage. Le président a fait fermer sur-le-champ la plus grande institution culturelle de Washington, sous prétexte de graves vices de construction. Les rénovations ne seront autorisées qu'à une seule condition: que le complexe soit rebaptisé le «Donald J. Trump Center».

Mais revenons-en au «monde réel», celui-là même qui a fait de la dernière semaine du président américain un véritable cauchemar.

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A la Fed, un allié devenu fardeau

Il y a tout juste quatre mois, Donald Trump fondait de grands espoirs sur Kevin Warsh, qu'il décidait alors d'installer à la tête de la Réserve fédérale américaine (FED). Un engouement encouragé non seulement par le «physique avantageux» du banquier, mais aussi et surtout parce qu'il était censé partager sa vision économique.

Mais patatras: en milieu de semaine, la banque centrale a relevé ses taux directeurs de 0,25 point de pourcentage, les portant dans une fourchette de 3,75 à 4%. Une mesure destinée à juguler l'inflation, mais qui renchérit au passage le coût du crédit.

Sur Truth Social, la réplique n'a pas tardé: le président a qualifié cette décision de «malveillante», lui qui ne jurait que par l'injection massive d'argent bon marché pour alimenter un soi-disant «boom» économique. Seulement voilà, «son» banquier a fait preuve d'une fermeté inattendue. Encore une pièce sur l'échiquier présidentiel qui a choisi de suivre sa propre voie.

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Ecoeuré, le Canada s'en va voir ailleurs

Depuis qu'Ottawa a rompu les négociations sur de nouveaux accords commerciaux cet été, les deux voisins se livrent une guerre sans merci à coups de surtaxes douanières. Si la stratégie canadienne de Donald Trump suscite la consternation jusque dans son propre camp, le Premier ministre Mark Carney est au contraire loué pour sa fermeté, laquelle est désormais saluée jusqu'au sein de l'Union européenne.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a ainsi invité le Canada à devenir le tout premier «membre associé» de l'UE, autrement dit à conclure un partenariat privilégié et particulièrement étroit. Ce jeudi, devant le Parlement européen, Mark Carney a accueilli cette main tendue avec enthousiasme, affichant son ambition de former avec l'Europe «une forêt transatlantique forte et protectrice», capable de résister aux tempêtes.

Une pique à peine voilée à l'encontre de Donald Trump, qui menace déjà de punir les Européens à coups de nouveaux droits de douane pour avoir osé faire du pied au Canada.

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Des juges tout sauf inféodés

Sur le papier, Donald Trump était sûr de pouvoir compter sur une Cour suprême acquise à sa cause, celle-ci étant composée de six juges conservateurs – dont trois nommés par ses soins – contre trois progressistes seulement. Pourtant, l'institution vient cette semaine de balayer brutalement son projet visant à restreindre drastiquement le vote par correspondance à l'approche des élections de mi-mandat du 3 novembre.

Historiquement, le vote par correspondance bénéficie surtout aux électeurs démocrates. L'offensive du président avait tout d'une tentative de manipulation politique évidente. Désabusé, Donald Trump a fustigé l'arrêt qu'il a qualifié de «nouvelle mauvaise décision pour les républicains», ajoutant, amer, que ces magistrats «n'étaient plus les juges qu'il avait nommés».

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Douche froide pour le «président crypto»

Rien qu’en 2025, Donald Trump a engrangé plus de 1,4 milliard de dollars grâce au trading de cryptomonnaies, selon des documents bancaires officiels. Un cadre juridique clair et une régulation a minima auraient fait les affaires de celui qui se proclamait volontiers le «président crypto». Mais le Sénat américain vient de freiner brutalement ses ambitions.

La chambre haute du Congrès américain a en effet rejeté le projet de loi «Clarity», qui devait offrir un nouveau statut légal aux cryptoactifs et sécuriser les investissements. Une immense déception tant pour le président féru de crypto que pour l'ensemble de la branche: le jour même du vote, le bitcoin a dévissé de 5%.

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Les Houthis passent à l’attaque

Rien n'arrête la milice islamiste yéménite. Non seulement les Houthis ont intensifié leurs attaques contre l'Arabie saoudite, mais ils sont également parvenus en début de semaine à abattre pour la toute première fois un avion de chasse des forces armées royales. Mais du côté de Washington, les appels au secours lancés par la monarchie saoudienne demeurent sans réponse.

En effet, Donald Trump ne bronche pas. Et pour cause: les Houthis lui auraient fraîchement rappelé par téléphone les termes du pacte de non-agression conclu en 2025. Tant que Washington s'abstient d'intervenir, les navires marchands américains restent épargnés.

Pour Riyad, c'est un camouflet qui suscite de sérieuses interrogations: la monarchie doit-elle vraiment investir, comme annoncé, 600 milliards de dollars dans l'économie américaine? Ou vaut-il mieux prendre ses distances avec ce soi-disant «partenaire»?

Trump se retrouve face à un véritable casse-tête: s'il temporise, les Saoudiens risquent de lui tourner le dos, mais s'il intervient, c'est tout le Moyen-Orient qui menace d'échapper à son contrôle.

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