En bref
- Les sondages donnent les démocrates nettement en tête, les projections leur accordent des chances de remporter les deux chambres lors des élections de mi-mandat
- Les élections de mi-mandat déterminent directement les majorités de Trump au Congrès et sa capacité à gouverner
- Trump rejette les mauvais résultats des sondages comme étant «fake» et fait campagne dans plusieurs Etats pour obtenir des sièges
A quelques semaines des élections de mi-mandat, les Républicains traversent une zone de turbulences dans les sondages. De nombreux experts américains s'attendent à une victoire nette des démocrates dans les deux chambres.
Que révèlent les chiffres et comment le président américain Donald Trump réagit-il à la situation? Tour d'horizon.
Quels sont les chiffres actuels des sondages?
Les sondages livrent des indications précieuses sur l'état d'esprit du pays. Avant les «midterms», de nouveaux chiffres sont publiés pratiquement chaque jour. Leur point commun: les Républicains n'ont vraiment pas de quoi se réjouir. En termes d'intentions de vote globales, les démocrates devancent actuellement leurs adversaires de 8,5 points de pourcentage.
Selon le site spécialisé Decision Desk HQ, cette avance devrait suffire pour reprendre le contrôle de la Chambre des représentants. Au Sénat, la situation apparaît plus serrée. Mais là aussi, différentes plateformes prévoient une très légère avance en faveur des démocrates.
Aux Etats-Unis, les différents instituts de sondage utilisent leurs propres modèles. Les plateformes agrègent généralement une moyenne globale à partir de nombreuses enquêtes d'opinion. Elles analysent pour cela l'écart entre le parti en tête et son poursuivant.
Une certitude s'impose: historiquement, le parti du président en exercice perd presque systématiquement des sièges au Congrès lors des élections de mi-mandat. L'électorat d'opposition se montre généralement plus mobilisé, tandis que la base présidentielle a tendance à se démobiliser.
Pourquoi est-ce explosif pour Trump?
Lors de ce scrutin, le Congrès américain est entièrement renouvelé – soit la totalité des 435 sièges de la Chambre des représentants ainsi qu'environ un tiers du Sénat. Comme le Parlement est chargé d'élaborer les lois, de voter le budget et de contrôler l'exécutif, les élections de mi-mandat déterminent directement la marge de manœuvre et la capacité d'action du président américain Donald Trump.
Si son parti conserve la majorité dans les deux chambres, il pourra dérouler son programme. En revanche, si les démocrates s'emparent d'au moins une chambre, ils pourront bloquer ses projets politiques, fermer le robinet financier et lancer des enquêtes parlementaires. En cas de perte de majorité, Trump n'aurait plus guère que les décrets présidentiels ou son droit de veto pour répliquer.
Qu'en dit Trump?
Donald Trump se jette à corps perdu dans la campagne électorale. Ces derniers jours, il s'est rendu dans de nombreux Etats pour multiplier les meetings – notamment en Alaska. L'Alaska reste certes un bastion traditionnellement conservateur, mais la course au Sénat entre le sénateur républicain Dan Sullivan et sa rivale démocrate Mary Peltola s'annonce très serrée selon les sondages.
Comme les républicains tremblent pour le moindre siège au Sénat, le parti ne peut pas se permettre un revers en Alaska. Interrogé sur ces mauvais chiffres, Donald Trump balaie l'argument d'un revers de main. Selon lui, tous les sondages ne seraient de toute façon que des «fake».
Les bastions républicains vacillent
Le fait que les démocrates aient une carte à jouer au Sénat jusque dans des Etats très ancrés à droite comme le Texas ou l'Ohio est considéré comme exceptionnel. Au Texas, le candidat républicain Ken Paxton se retrouve sous pression en raison de scandales, tandis que son rival démocrate James Talarico réussit à séduire les électeurs indépendants.
Dans l'Ohio, le démocrate Sherrod Brown bénéficie quant à lui de son image d'homme proche du peuple et de la classe ouvrière. Le mécontentement pousse les électeurs démocrates vers les urnes, tandis que les républicains déçus préfèrent rester chez eux – y compris dans les bastions les plus conservateurs.