Les Marines opèrent un changement de cap radical. Face à la menace des drones et des armes hypersoniques, une simple base aérienne traditionnelle est désormais obsolète: trop vaste, trop exposée, trop vulnérable. L'armée américaine a donc décidé de s'adapter, rapporte «Business Insider».
En Californie, les Marines testent un tout nouveau concept, nommé «Hub, spoke, node» (en français: noyau, rayon, nœud). L'objectif: prendre l'avantage dans les combats sans visibilité. «Nous devons nous assurer que nous survivons», a déclaré le lieutenant général William Swan au portail d'information. Mais en quoi consiste ce nouveau système? En voici un aperçu général.
Une répartition des bases
Au lieu de s'appuyer sur une seule grande base, les Marines répartissent leurs avions et équipes de soutien sur plusieurs petits sites isolés (spokes). Une base principale peut continuer de servir de point d’appui, tandis que ces autres positions avancées permettent de maintenir la mobilité des troupes et de ravitailler les appareils au plus près des zones d’opération.
Des terrains de sport comme pistes de décollage
Les avions de combat ne doivent plus atterrir sur des pistes fixes, mais sur des tronçons d'autoroute, des pistes désertiques ou même des terrains sportifs. Des techniciens arrivent en camion, déploient des installations de ravitaillement dans des conteneurs et disparaissent au bout de 15 minutes.
«Nous simulons un peu la pause lors des courses de Formule 1», explique le colonel Jarrod DeVore à «Business Insider». Le temps au sol d'un F-35 devrait être réduit à moins de dix minutes, entre le ravitaillement, le rechargement et le décollage.
Des drones sans pilote
Les ravitailleurs sans pilote pourraient profondément transformer le champ de bataille. De petits drones achemineraient munitions et carburant vers des sites dispersés avant l’arrivée des avions. Des dépôts dissimulés, parfois camouflés en infrastructures civiles, assureront ensuite le ravitaillement.
En parallèle, des leurres trompent l’adversaire, tandis que les véritables appareils restent à couvert, protégés par le terrain et l’obscurité.
Le Pacifique comme terrain d'essai
Selon «Business Insider», cette nouvelle stratégie s'appliquerait surtout dans le Pacifique, où les nombreuses îles et le vaste océan offrent des conditions parfaites. Les forces américaines utilisent déjà cette tactique au Proche-Orient, explique le lieutenant général William Swan.
Cette stratégie permet de s'adapter aux armes de précision: au lieu d'une seule grande base sur l'île de Guam, l'armée américaine pourra compter sur un réseau de dizaines de mini-hubs en Micronésie, aux Palaos ou aux Philippines. «Nous nous déplaçons toutes les 48 heures», explique un planificateur d'opérations à «Business Insider».
La logistique, un point faible décisif
Mais le plus grand obstacle reste la coordination. Le moindre retard dans le ravitaillement pourrait faire vaciller tout le système. William Swan le reconnaît: «Nous sommes en retard.» Mais d'ici 2030, le réseau devrait toutefois être opérationnel.