Besoin urgent de succès
En giflant Trump, la Cour suprême vient-elle de condamner l'Iran?

Après la claque infligée par la Cour suprême, Donald Trump a besoin de succès. Les experts redoutent même qu'il déclenche des conflits militaires, comme en Iran, pour détourner l'attention.
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La Cour suprême des Etats-Unis a déclaré illégale une grand partie des droits de douane de Donald Trump.
Photo: AP
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Christian Kolbe

Donald Trump ne manie pas seulement l’arme des droits de douane. A 79 ans, le président américain est aussi le «Commander-in-Chief» de la première puissance militaire mondiale. De quoi nourrir l’hypothèse d’un engagement plus musclé sur le terrain militaire. Et ce d'autant plus la Cour suprême des Etats-Unis lui a un infligé vendredi un revers majeur en jugeant illégaux les droits de douane qu’il avait imposés à grande échelle à ses partenaires commerciaux.

Donald Trump a beau avoir tenté de sauver la face en annonçant de nouvelles surtaxes douanières, il se retrouve contraint d'obtenir un succès politique majeur. Ici, l'objectif est clair: faire oublier ce qui apparaît comme la plus lourde défaite de son second mandat.

A tel point que certains observateurs estiment qu’un durcissement militaire pourrait lui permettre de reléguer le fiasco douanier au second plan. L’enlèvement – considéré par beaucoup comme réussi – du président vénézuélien Nicolás Maduro pourrait, selon eux, l’encourager à aller plus loin sur ce terrain.

Plusieurs pays en danger

Plusieurs pays peuvent dès lors retenir leur souffle. D'abord Cuba, contre qui Etats-Unis ont décrété, il y a plusieurs semaines déjà, un embargo pétrolier. Un blocus totale de l’île renforcerait encore la pression sur le régime. Sur un autre front, la lutte contre les cartels mexicains de la drogue pourrait aussi inciter Donald Trump à s’appuyer sur la supériorité militaire américaine pour afficher sa fermeté.

Johannes Fritz, directeur du think tank Global Trade Alert à Saint-Gall, juge ce scénario plausible. «En matière de politique étrangère, Trump dispose de la plus grande marge de manœuvre», relève l’économiste spécialisé dans le commerce international. «Par le passé, certains présidents américains, lorsqu’ils se sentaient affaiblis, ont joué la carte militaire.»

Pour autant, la carte douanière n’est pas abandonnée aux yeux de l'expert. «Sur le plan commercial, Trump a encore plusieurs options. Il pourrait miser sur une combinaison de droits de douane et de frappes militaires», avance Johannes Fritz.

Danger maximal pour Téhéran

La tentation d'une frappe militaire serait particulièrement forte vis-à-vis de l’Iran. Sur le réseau X, le politologue américain Robert Pape estime qu’une opération militaire contre le régime des mollahs est hautement probable. 

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Selon lui, les Etats-Unis auraient déplacé entre 40 et 50% de leurs forces aériennes mobilisables vers le Golfe. Il souligne qu’aucun déploiement d’une telle ampleur n’a eu lieu par le passé sans qu’il ne débouche sur une intervention, ce qui n'est pas sans rappeler les précédents iraquiens de 1991 et2003.

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