Appel des antennes remandes
La Suisse priée de se mobiliser en faveur des Kurdes de Syrie

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La région autonome kurde du nord-est de la Syrie est en proie à d'intenses combats face au pouvoir central.
Photo: Getty Images
Les Kurdes de Suisse romande exigent à une action immédiate de Berne pour protéger les Kurdes de Syrie. Elles dénoncent des attaques, des crimes de guerre et un risque majeur de déstabilisation régionale.

Les autorités suisses et la communauté internationale doivent agir «immédiatement» en faveur des Kurdes de Syrie, «attaqués systématiquement depuis le 4 janvier par le nouveau pouvoir syrien et ses groupes djihadistes alliés». Tel est l'appel lancé mardi par les organisations kurdes de Suisse romande.

La région autonome kurde du nord-est de la Syrie, «connue mondialement pour sa résistance contre Daech et son projet politique progressiste fondé sur la démocratie, la laïcité, l’émancipation des femmes et le respect des minorités est aujourd’hui la cible d’une offensive d’extrême brutalité» de la part du pouvoir syrien, désormais dirigé par Ahmad Al Charaa, un ancien cadre d’Al-Qaïda, constatent les signataires de l'appel.

«Les forces au pouvoir, des groupes djihadistes pro-turcs et des milliers d’anciens combattants de Daech récemment libérés commettent massacres, bombardements et déplacements forcés de populations civiles", poursuit le communiqué. «Des crimes de guerre sont documentés» et «des centaines de milliers de civils, femmes, enfants et personnes âgées, sont menacés d’épuration ethnique».

Menace au-delà de la Syrie

«Ce qui est attaqué dépasse une population: c’est un projet politique et social unique au Moyen-Orient», insistent les associations kurdes. Or, «comme hier face à Daech, le Rojava (le Kurdistan syrien) résiste aujourd’hui sans soutien international».

La situation représente une menace bien au-delà de la Syrie. «La prise de contrôle de prisons de Daech et la tentative de mainmise sur le camp d’Al-Hol, où sont détenus environ 50'000 membres de l’organisation terroriste, font peser un risque majeur de déstabilisation régionale et internationale», relèvent les associations kurdes.«Sacrifier le Rojava aujourd’hui reviendrait à trahir celles et ceux qui ont combattu le terrorisme au nom de l’humanité», écrivent-elles.

La Suisse s'est dite la semaine dernière «préoccupée» par la situation humanitaire dans le nord-est de la Syrie. Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) d'Ignazio Cassis a appelé «toutes les parties à respecter le droit international humanitaire».

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