«Le respect du droit international importe plus que jamais», a déclaré vendredi Antonio Guterres. «Des violations sont commises sous nos yeux», a déploré le secrétaire général des Nations Unies.
«Aujourd'hui, des violations du droit international sont commises sous nos yeux», a déclaré Antonio Guterres lors d'un discours à la Cour internationale de justice (CIJ), à l'occasion du 80e anniversaire de la plus haute instance juridique de l'ONU. «C'est précisément parce que le système international est soumis à de telles tensions que le respect du droit international importe plus que jamais», a-t-il ajouté.
Un arrêt historique
La CIJ a fait les gros titres ces dernières années, notamment pour l'affaire amenée par l'Afrique du Sud accusant Israël d'avoir violé la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide lors de sa campagne militaire dans la bande de Gaza.
L'année dernière, la Cour a également rendu un arrêt historique en matière d'environnement, exhortant les Etats à lutter contre le changement climatique et ouvrant la voie à des réparations s'ils ne s'y conformaient pas. Néanmoins, les institutions telles que la CIJ qui font respecter le droit international sont «de plus en plus remises en question et critiquées» selon Antonio Guterres.
Attaques «au cœur du système»
«Et ces attaques ne se produisent pas en marge du système international, elles se produisent au coeur du système, provenant de toutes parts, y compris d'États auxquels ont été confiées des responsabilités extraordinaires en matière de maintien de la paix et de sécurité internationale», a-t-il poursuivi.
Les Etats-Unis ont critiqué les décisions de la CIJ et ont pris pour cible l'autre grande juridiction internationale de La Haye, la Cour pénale internationale (CPI), qui poursuit les individus pour les crimes considérés les plus sérieux au monde.
Washington entrave notamment le travail de la CPI depuis qu'elle a imposé des sanctions à plusieurs de ses hauts responsables, en réaction aux mandats d'arrêt délivrés à l'encontre du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
Décisions contraignantes
Antonio Guterres a également rappelé que les décisions de la CIJ sont contraignantes, même si celle-ci n'a pas le pouvoir de les faire respecter, ce que ses détracteurs considèrent comme un signe de faiblesse.
Le président de la CIJ Yuji Iwasawa a quant à lui relevé qu'il était «troublant de constater» que certains pays remettaient en question la «valeur du multilatéralisme». «Ces tendances font peser une pression considérable sur le système au service duquel nous oeuvrons et nous rappellent que la primauté du droit international ne saurait être considérée comme acquise», a-t-il déclaré.