Au cœur du chaos mexicain
Fusillades et incendie: un lecteur a vu de près la vengeance du cartel de Jalisco

Depuis la mort du puissant baron de la drogue «El Mencho», une vague de violence s'abat sur le Mexique. Un lecteur vit dans le pays d'Amérique centrale depuis 2007 et a assisté de près au chaos qui y règne.
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Graves violences au Mexique après la mort du baron de la drogue Nemesio Oseguera Cervantes.
Photo: keystone-sda.ch
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Alexander Terwey

Des bus incendiés, des routes bloquées, des écoles fermées et des touristes qui se ruent vers les aéroports: depuis dimanche, le Mexique a plongé dans le chaos. A l’origine de cette flambée de violence, la mort de Nemesio Oseguera Cervantes, 59 ans, considéré comme le plus puissant baron de la drogue du pays.

Surnommé «El Mencho», le chef de cartel a succombé à ses blessures ce week-end après une opération militaire visant à l’arrêter dans l’Etat occidental de Jalisco. Depuis, des membres de son organisation ont déclenché une vague de représailles à travers le pays.

Thomas Egli est témoin du chaos qui règne actuellement sur place. Cet œnologue suisse vit depuis 2007 dans le nord du Mexique. Il séjourne actuellement dans la maison des beaux-parents de son meilleur ami à Tapalpa.

Samedi encore, tout semblait normal. Il participait à un festival viticole à Chapala, à environ deux heures de route. «L'événement a été un succès», déclare-t-il à Blick. La journée s’est déroulée dans l’enceinte du yacht-club de Chapala. Le soir, le groupe a encore mangé des tacos sur une grande place avant de rentrer à Tapalpa.

«Nous n'avons même pas osé sortir dans la rue»

Mais dimanche matin, tout bascule. Dès leur réveil, ils sont confrontés aux informations. «La rumeur s'est rapidement répandue qu'El Mencho avait été abattu et que des barrages de narco-trafiquants avaient été mis en place», explique Thomas Egli. «Ils utilisent surtout des bus publics, des taxis, parfois aussi des voitures privées.» 

Les transports publics sont paralysés et plus aucun Uber ne circule. «Nous n'avions absolument aucune possibilité de nous rendre à Chapala par un quelconque axe», poursuit l'expatrié suisse. L’incertitude est totale. «Nous n'osions même pas sortir dans la rue pour acheter à manger ou à boire. Nous devions nous contenter de ce que nous avions dans le frigo.» Pas grand-chose, car ces derniers comptaient manger lors de la manifestation. «Elle a logiquement été annulée.»

«Notre station-service a été incendiée»

Mais ce n'est pas tout. Dimanche, une grande incertitude régnait également sur le site du club nautique. «Certains de nos collègues étaient déjà sur le site de la fête depuis le début de la matinée pour les préparations», assure Thomas Egli. «Mais lorsque le 'Código Rojo' (ndlr: code rouge) a été proclamé, tout le monde a dû s'enfermer dans le yacht-club et attendre.» Après les violences, le niveau d'alerte le plus élevé a été décrété. Non seulement toutes les autorités sont mises en état d'alerte, mais les grandes manifestations ont également été annulées et les cours ont été suspendus.

«Nous avons appris que la station-service où nous avions fait le plein la veille a été incendiée», poursuit le Suisse. «Et sur la place où se trouvait le restaurant de tacos, une fusillade a eu lieu.» Pour l’heure, Thomas Egli ne sait pas comment la situation va évoluer.

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