Maladie, Epstein, fils condamné
De mère célibataire à reine de Norvège, le destin hors norme de Mette-Mari

De mère célibataire à future reine de Norvège, Mette-Marit a connu une ascension fulgurante. Mais maladie, affaire Epstein et condamnation de son fils ont sérieusement terni son image.
Mette-Marit, nouvelle reine de Norvège, a du faire face à de nombreux tourments.
Photo: AFP
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AFP Agence France-Presse

La princesse Mette-Marit a connu le parcours d'une Cendrillon des temps modernes: celui d'une modeste mère célibataire devenue reine de Norvège après une ascension sociale spectaculaire mais aussi d'embarrassants scandales. Longtemps l'incarnation d'une monarchie norvégienne moderne et capable de bousculer les conventions, cette grande blonde de 53 ans, à la santé fragile, accède au trône aux côtés de son époux Haakon avec une image écornée.

Née le 19 août 1973 à Kristiansand (sud), d'un père journaliste porté sur la bouteille et d'une mère employée de banque, Mette-Marit Tjessem Høiby grandit dans la «Bible Belt» protestante. Adolescente «la plus consciencieuse au monde», «très gentille» et «conformiste» jusqu'à ses 16 ans, selon ses propres mots, elle brise le moule lors d'un échange scolaire en Australie.

De retour aux antipodes, elle se rase le crâne, se fiance avec un homme qui l'introduit au milieu de la «house» à Oslo – elle y expérimente haschich et ecstasy, selon une biographie non officielle – et donne naissance à un fils, Marius, issu d'une brève relation. «Ma rébellion d'adolescente a été plus forte que pour beaucoup de personnes», dit-elle lors d'une conférence de presse aux allures expiatoires avant son mariage avec Haakon. «J'étais dans un milieu où de nombreuses limites ont été (...) dépassées».

La franchise et la simplicité de la jeune femme au très maigre CV conquièrent une opinion publique d'abord réticente. De son union avec Haakon naissent deux enfants, Ingrid Alexandra, désormais princesse héritière, et Sverre Magnus.

«Erreur de jugement»

Mais le conte de fées prend plusieurs tours tragiques. En octobre 2018, le couple princier annonce que Mette-Marit a été diagnostiquée d'une forme rare de fibrose pulmonaire, une grave maladie qui rend la respiration plus difficile et l'a parfois obligée à suspendre ses engagements officiels ces dernières années. Elle a subi en juin une greffe des poumons réussie.

A ces fragilités médicales s'ajoutent des turbulences judiciaires et médiatiques. Début 2026, la publication dans la presse norvégienne d'échanges de courriels entre Mette-Marit et le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein – mort en prison en 2019 – révèle une relation soutenue au début des années 2010.

En 2011, alors qu'Epstein a été condamné pour sollicitation de mineure trois ans plus tôt, elle dit l'avoir «googlé» et que cette recherche «n'a pas fait une très bonne impression», mais ponctue sa phrase d'un smiley. L'année suivante, alors qu'Epstein dit être à Paris «en quête d'une épouse», Mette-Marit lui répond que la capitale française est «bien pour l'adultère» mais que «les Scandinaves (font) de meilleures femmes». Et en 2013, elle loge pendant quatre jours à son domicile en Floride.

La souveraine s'excusera, reconnaissant «une erreur de jugement» et affirmant avoir été «manipulée et trompée» par le financier avec qui elle a rompu les liens en 2014. Elle «n'a rien fait d'illégal», dira son beau-père, feu le roi Harald, pour sa défense. «Contrairement à certains autres en Norvège, elle a très tôt rompu ces contacts, et je trouve qu'on devrait lui en faire crédit». Mais, au sein de l'opinion, le mal est fait. Plusieurs sondages montrent qu'une majorité de Norvégiens estiment qu'elle ne devrait pas devenir reine, un coup dur pour la monarchie.

Un fils condamné

D'autant que son fils aîné, Marius Borg Høiby, qui n'a aucun statut officiel, a été jugé puis condamné en juin à quatre ans de prison ferme pour deux viols et 32 autres chefs d'accusation. Le jeune homme, qui rejette les accusations les plus graves, est assigné à résidence dans un domaine du couple princier. Publiquement, Mette-Marit a observé la plus grande discrétion sur cette affaire, écartelée entre son rôle de mère et celui de future reine.

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