Un drone piégé a semé la panique sur le tarmac de l'aéroport de Leipzig/Halle. Plus de 48 heures après cette tentative d'attentat, de nouveaux éléments font surface. D'après le journal «Bild», la charge explosive était camouflée dans une simple boîte de conserve. Le contenu initial avait été vidé pour y loger du Semtex, un redoutable explosif plastique, avant que la boîte ne soit refermée. Un orifice percé sur le fond avait permis d'y insérer le détonateur.
On apprend également que l'appareil s'est approché dès 19h30 d’un avion-cargo ukrainien Antonov dont les réservoirs étaient pleins, sur le secteur de stationnement 213. L'engin y est resté plus de quatre heures sans attirer l'attention.
Ce n’est qu’à 23h42 qu’un conducteur de bus particulièrement vigilant aurait repéré le drone avant de le faire tomber d'un coup de pied, rapporte «Der Spiegel». De nouvelles séquences vidéo confirmeraient que le drone est resté invisible pendant des heures à proximité immédiate de l’appareil, ajoute le «Bild».
Deux cartes SIM dans le drone
Les enquêteurs focalisent désormais leurs recherches sur le matériel informatique de l'appareil. Selon le «Bild», le drone embarquait un système de largage et deux cartes SIM. Ces puces devaient vraisemblablement servir à télécommander l'engin et à déclencher la bombe.
Une pièce appartenant au drone a été retrouvée directement sur l’aile de l’Antonov, indique «Der Spiegel». Ce détail troublant suggère que l’engin a pu stationner en vol statique juste au-dessus de l'avion ou percuter sa structure. La situation s'avère d'autant plus critique que les réservoirs de kérosène sont intégrés directement dans les ailes de l’Antonov.
Le Parquet fédéral s’est saisi de l’affaire. La justice privilégie la piste d'une infraction majeure susceptible de porter atteinte à la sécurité de l'État allemand. Le ministre fédéral de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, parle d’un «événement d'une extrême gravité pour la sécurité» et n'exclut pas l'hypothèse d'une «attaque hybride».