Après le suicide d'une ado
Le Brésil accuse Discord de ne pas protéger suffisamment les mineurs et réclame 80 millions

Le Brésil poursuit Discord en justice et réclame 80 millions d'euros pour «dommage moral collectif». La plateforme est accusée de ne pas protéger les mineurs, après le suicide d'une adolescente de 13 ans en juillet.
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Le Brésil poursuit Discord en justice et réclame 80 millions d'euros pour «dommage moral collectif».
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AFP Agence France-Presse

Le gouvernement brésilien a annoncé mercredi avoir saisi la justice pour obtenir la condamnation de Discord au paiement d'environ 80 millions d'euros pour «dommage moral collectif», estimant défaillante la protection des mineurs sur la plateforme américaine.

Populaire chez les jeunes, le réseau social est dans le viseur des pouvoirs publics brésiliens depuis la mort d'une adolescente de 13 ans en juillet. Celle-ci aurait été incitée à se suicider lors d'une retransmission en direct. Le 17 août la plateforme avait dû se plier à une exigence de l'Agence nationale de protection des données (ANPD) de suspendre ces directs jusqu'à nouvel ordre.

Echec de négociations

Dans un communiqué, le gouvernement brésilien a expliqué avoir saisi la justice après des négociations infructueuses avec Discord, dont les propositions «n'ont pas été jugées suffisantes pour éliminer les risques identifiés».

Il demande que la compagnie «adopte des mesures efficaces pour protéger les enfants, les adolescents et les femmes dans l'environnement numérique». Il réclame aussi qu'elle soit condamnée à verser «une indemnisation pour dommage moral collectif d'un montant de 500 millions de reais» (environ 80 millions d'euros). La plateforme dit travailler «pour rendre Discord plus sûr pour les adolescents».

Le pays sévit contre les réseaux sociaux

Cependant, pour Brasilia, le réseau «continue de présenter des défaillances dans les mécanismes de vérification de l'âge et de protection des utilisateurs contre des risques graves». Le gouvernement cite le cas de l'adolescente morte en juillet. Début août, cinq adolescents et un majeur ont été arrêtés en lien avec cette affaire.

Pays ultra-connecté, le Brésil a adopté une posture de fermeté en matière de réseaux sociaux ces dernières années. Il a ainsi sévi contre la désinformation et adopté une loi qui oblige les plateformes à relier les comptes des moins de 16 ans à ceux de leurs parents, et à vérifier l'âge des utilisateurs.

Les autorités brésiliennes ont infligé mardi une lourde amende à TikTok pour non-respect de la législation sur la protection de données de mineurs, affirmant vouloir envoyer «un signal fort» aux plateformes numériques. Il faut «s'attendre à une surveillance beaucoup plus ferme et étroite dans les prochains mois», a averti mardi la directrice de l'ANPD, Lorena Giuberti Coutinho.

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