Restrictions drastiques
Durant le Ramadan, la police prévoit un déploiement massif autour d'Al Aqsa

La police israélienne va se déployer massivement autour de l’esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est pendant le ramadan. Des responsables palestiniens dénoncent des restrictions d’accès imposées aux fidèles de Cisjordanie.
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Si ce lieu saint musulman est administré par la Jordanie, Israël y impose des restrictions drastiques.
Photo: IMAGO/ZUMA Press Wire
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AFP Agence France-Presse

La police israélienne a annoncé lundi qu'elle se déploierait en masse autour de l'esplanade des Mosquées, à Jérusalem-Est, pendant le ramadan, des responsables palestiniens dénonçant eux des restrictions imposées par Israël pour accéder à ce lieu de culte ultra-sensible.

Pendant le mois de jeûne sacré pour les musulmans qui commence cette semaine, des centaines de milliers de fidèles palestiniens viennent prier sur l'esplanade des Mosquées située à Jérusalem-Est, secteur de la Ville sainte occupé et annexé par Israël.

«Nous déploierons nos policiers afin de sécuriser le mont du Temple», le nom donné par les juifs à l'esplanade des Mosquées, «et ses environs nuit et jour», a déclaré à la presse Arad Braverman, un officier de la police de Jérusalem. Il a ajouté que «plusieurs milliers de policiers» seraient déployés durant la prière chaque vendredi, le moment où les fidèles sont les plus nombreux.

Autorisations au compte-goutte

La police, a-t-il dit, a recommandé que 10'000 autorisations soient délivrées pour les Palestiniens de Cisjordanie occupée, qui ne peuvent se rendre à Jérusalem sans permis.

L'officier de police n'a pas précisé si les autorisations seraient délivrées uniquement pour certaines tranches d'âge, ajoutant qu'il laisserait la décision au gouvernement.

Le Gouvernorat de Jérusalem, une autorité palestinienne qui n'exerce qu'un rôle très limité dans la ville, a déclaré avoir été informé que des permis ne seraient délivrés qu'aux hommes de plus de 55 ans et aux femmes de plus de 50 ans, comme cela avait été le cas en 2025.

Le Gouvernorat a regretté que les autorités israéliennes n'aient pas autorisé le Waqf islamique, une fondation jordanienne qui administre l'esplanade au quotidien, à préparer le site en y installant notamment des abris et des dispensaires temporaires.

Une source du Waqf a confirmé ces restrictions et déclaré à l'AFP que la police israélienne avait interdit à 33 de ses employés l'accès au site avant le ramadan.

Restrictions drastiques

L'esplanade des Mosquées est le troisième lieu saint de l'islam et le lieu le plus sacré du judaïsme. Si ce lieu saint musulman est administré par la Jordanie, Israël y impose des restrictions drastiques, notamment sur le nombre de fidèles pouvant y accéder ou leur âge. Par convention, les juifs sont autorisés à s'y rendre mais n'ont pas le droit de prier sur cette esplanade, édifiée sur les ruines du Second Temple juif, détruit par les Romains en l'an 70.

Ces dernières années, un nombre croissant d'ultranationalistes juifs ont contesté l'interdiction de prier sur le site, parmi lesquels le ministre d'extrême droite Itamar Ben Gvirqui s'y est rendu pour prier en 2024 et 2025.

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