Situation «inacceptable»
Déminer le détroit d'Ormuz pourrait prendre jusqu'à six mois

Le Pentagone estime qu’il faudra six mois pour déminer le détroit d’Ormuz, crucial pour le transport mondial d’hydrocarbures. Les tensions entre Téhéran et Washington inquiètent les armateurs, qui redoutent encore des mines en mer.
Le Pentagone évoque jusqu’à six mois pour déminer le détroit d’Ormuz.
Photo: IMAGO/Anadolu Agency
Post carré.png
AFP Agence France-Presse

Déminer le détroit d'Ormuz pourrait prendre six mois, pesant d'autant sur les cours des hydrocarbures à l'échelle mondiale, a estimé le Pentagone lors d'une présentation classifiée au Congrès américain, révélé mercredi par le Washington Post. Le quotidien cite trois responsables anonymes selon lesquels «les parlementaires ont été informés que l'Iran pourrait avoir posé 20 mines ou plus dans le détroit d'Ormuz et aux alentours».

Selon la présentation d'un responsable de la Défense, «certaines ont été mises à l'eau à distance grâce à la technologie GPS», compliquant leur détection. D'autres auraient été «mouillées par les forces iraniennes à l'aide de petites embarcations». Un porte-parole du Pentagone a démenti l'information à l'AFP, dénonçant «des fuites - dont une grande partie est fausse - issues d'un briefing classifié et à huis clos» qui relèvent selon lui «d'un journalisme malhonnête».

Peu d'informations fiables

Pour Sean Parnell, la fermeture du détroit d'Ormuz pendant six mois «est impossible et totalement inacceptable». La question du minage du détroit, par lequel passe en temps normal un cinquième du transport mondial des hydrocarbures, fait l'objet de peu d'informations fiables.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont mis en garde mi-avril contre une «zone dangereuse» de 1400 km2 – soit 14 fois la superficie de Paris – où pourraient se trouver des mines. La semaine dernière Donald Trump avait affirmé que Téhéran, «avec l'aide des Etats-Unis, (avait) retiré, ou (était) en train de retirer toutes les mines marines». Mais l'information n'a pas été confirmée par la république islamique. Les armateurs, eux, restent prudents.

Même en cas de réouverture officielle du détroit par Téhéran et Washington, ils ont besoin de précisions sur les voies à emprunter et craignent ces mines, avertissait vendredi dernier Nils Haupt, porte-parole du géant allemand du transport maritime Hapag-Lloyd.

Plusieurs pays «non-belligérants» se sont dits à cet égard prêts à «une mission neutre» de sécurisation du détroit d'Ormuz. Le précieux détroit est désormais au coeur du conflit entamé le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran, avant l'entrée en vigueur du cessez-le-feu entre Washington et Téhéran le 8 avril. Selon Téhéran, les navires doivent obtenir une autorisation pour quitter ou entrer dans le Golfe via Ormuz, tandis que les Etats-Unis bloquent l'accès aux ports iraniens depuis le 13 avril. 

Articles les plus lus