Instagram va prévenir les parents ayant activé la supervision du compte de leur adolescent s'il effectue des recherches à répétition sur le suicide ou l'automutilation. Le réseau social l'a annoncé jeudi dans un communiqué.
Les alertes seront envoyées aux parents par courriel, SMS ou WhatsApp, selon les coordonnées indiquées lors de l'inscription, ainsi que via une notification dans l'application. Une fois les parents notifiés, l'application leur proposera un numéro d'urgence ou des conseils, élaborés avec des professionnels de santé, sur la manière d'aborder le sujet avec leur enfant.
Le dispositif d'alerte sera mis en place à partir de la semaine prochaine aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Australie et au Canada, puis plus tard cette année dans d'autres régions. Instagram indique avoir fixé un seuil de déclenchement pour le nombre de recherches dans un temps court, mais n'écarte pas de le faire évoluer en fonction des retours.
Mesures prises ces dernières années
«Nous pourrions parfois notifier des parents sans qu'il y ait de réel motif d'inquiétude», explique la filiale de Meta, «mais nous estimons, et les experts sont d'accord, qu'il s'agit d'un bon point de départ». L'initiative d'Instagram s'inscrit dans le cadre d'une série de mesures prises ces dernières années pour mieux protéger les jeunes utilisateurs.
La plateforme a notamment lancé, en 2024, les comptes ados, assignés par défaut à tous les utilisateurs de 13 à 18 ans (Instagram n'accepte pas d'internautes plus jeunes). Ces mesures interviennent sur fond de protestations contre les effets négatifs des réseaux sociaux et des assistants d'intelligence artificielle (IA) générative, à la suite notamment du suicide de plusieurs adolescents ces derniers mois.
Se tient actuellement à Los Angeles le procès de Google et de Meta, accusés par une jeune femme d'avoir sciemment conçu leurs plateformes respectives YouTube et Instagram pour rendre les jeunes utilisateurs accros. Arrivée très tôt sur les réseaux sociaux, la plaignante affirme que leur consommation a contribué à provoquer chez elle dépression, anxiété et troubles de l'image de soi.