Un adolescent a ouvert le feu mercredi dans un établissement scolaire à Kahramanmaras dans le sud de la Turquie, faisant neuf morts. Il avait rendu hommage à l'auteur d'une attaque misogyne aux Etats-Unis, a affirmé jeudi la police.
«Les premiers éléments de l'enquête ont révélé que l'auteur utilisait sur son profil WhatsApp une image faisant référence à Elliot Rodger, qui avait perpétré un attentat aux Etats-Unis en 2014», a indiqué la direction générale de la police turque dans un communiqué. Le père du tireur, identifié comme un ancien inspecteur de police, a été interpellé mercredi et placé en détention provisoire, a-t-elle précisé.
La référence à Elliot Rodger renvoie à l'auteur de la tuerie d'Isla Vista, en 2014 en Californie. Cet homme avait fait six morts sur le campus d'une université de Santa Barbara, avant de se suicider. Il avait expliqué dans une vidéo diffusée avant son crime que cette attaque était un «châtiment» pour les femmes qui l'avaient rejeté.
Il avait donc planifié une attaque d'ampleur, a indiqué le parquet de cette province du sud de la Turquie. «En examinant le matériel informatique, un document du 11 avril 2026 a été retrouvé dans l'ordinateur du suspect indiquant qu'il avait l'intention de commettre une opération majeure dans un avenir proche», précise un communiqué du bureau local du parquet dans cette province.
Victimes âgées de dix ans
Les huit élèves victimes, cinq garçons et trois filles, avaient entre 10 et 11 ans et l'enseignante tuée mercredi était âgée de 55 ans, selon une liste d'avis de décès de la municipalité de Kahramanmaras, consultée par l'AFP. Leurs funérailles auront lieu jeudi, selon cette liste.
L'auteur de la tuerie de mercredi, âgé de 14 ans, est décédé, avait indiqué mercredi le gouverneur de la province de Kahramanmaras, Mükerrem Ünlüer, sans être en mesure de préciser «s'il s'agit d'un suicide ou si cela s'est produit dans le chaos».
Vraisemblablement un acte «isolé»
«Les supports numériques saisis lors des perquisitions au domicile de l'auteur et dans le véhicule de son père ont été confisqués et sont en cours d'analyse. (...) D'après les premiers éléments recueillis, aucun lien avec le terrorisme n'a été établi, il s'agit vraisemblablement d'un acte isolé», a ajouté la police turque.
«Un élève est arrivé à l'école avec des armes, vraisemblablement celles de son père, dans son sac à dos. Il est entré dans deux salles de classe et a ouvert le feu au hasard», avait détaillé M. Ünlüer, au lendemain d'une attaque similaire ayant fait seize blessés dans un lycée situé 200 km plus à l'est.
Ce type d'incident est rare en Turquie où, selon les estimations d'une fondation locale, des dizaines de millions d'armes à feu sont en circulation, la plupart illégalement.