L'Iran va partiellement fermer le détroit stratégique d'Ormuz pour des raisons de «sécurité» lors de l'exercice militaire iranien qui s'y déroule, a annoncé mardi la télévision d'Etat iranienne. «Certaines parties du détroit d'Ormuz seront fermées, afin de respecter les principes de sécurité et de navigation», a affirmé un journaliste de la télévision d'Etat iranienne, en reportage près du lieu des exercices, lancés lundi par les Gardiens de la Révolution iraniens. La durée de cette fermeture partielle du détroit n'a pas été précisée.
Peu avant cette annonce, le guide suprême iranien Ali Khamenei a prévenu mardi que le porte-avions américain déployé dans le Golfe pouvait être coulé, au moment où de nouvelles discussions indirectes ont démarré en Suisse entre Washington et Téhéran. «Nous entendons sans cesse dire» que les Etats-Unis «ont envoyé un navire de guerre vers l'Iran», a-t-il déclaré dans un discours. «Un navire de guerre est certes une arme dangereuse, mais l'arme capable de le couler l'est encore plus», a-t-il insisté.
Washington a envoyé en janvier dans la région du Golfe le porte-avions USS Abraham Lincoln, qui se trouve toujours au large de l'Iran à environ 700 kilomètres de ses côtes. Un deuxième porte-avions, le Gerald Ford, doit le rejoindre, à une date qui reste incertaine. Donald Trump ne réussira pas à détruire la République islamique d'Iran, a par ailleurs lancé Ali Khamenei. «Dans l'un de ses récents discours, le président américain a dit que depuis 47 ans l'Amérique n'a pas réussi à détruire la République islamique... Je vous le dis: vous n'y arriverez pas», a-t-il dit.
Ali Khamenei s'est montré sceptique sur la deuxième série de pourparlers qui a démarré mardi matin près de Genève pour éloigner le risque d'une intervention militaire des Etats-Unis. «S'il doit y avoir des négociations – car il n'y a pas vraiment de marge de manoeuvre pour négocier –, déterminer à l'avance l'issue des négociations est une erreur et une folie», a-t-il commenté, en faisant référence aux appels répétés lancés par les Etats-Unis à l'Iran pour qu'il renonce à son programme nucléaire.
«Une volonté de dominer la nation iranienne»
Les pays occidentaux et Israël, considéré par des experts comme la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient, soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de l'arme nucléaire. Téhéran dément nourrir de telles ambitions, mais insiste sur son «droit inaliénable» à développer une filière nucléaire civile et à enrichir l'uranium, notamment pour l'énergie, conformément aux dispositions du Traité de non-prolifération (TNP) dont il est signataire.
«Les déclarations du président américain, tantôt menaçantes, tantôt dictant ce qu'il faut faire ou ne pas faire, révèlent une volonté de dominer la nation iranienne», a fustigé le guide suprême iranien. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, a pour sa part estimé mardi dans une vidéo que la levée des sanctions pénalisant l'économie du pays était «indissociable de tout accord sur la question nucléaire».