«Une épidémie cachée»
Les cas de VIH ont explosé dans l'armée russe depuis 2022

En Russie, près de 1% de la population vit avec le VIH, un record en Europe. L’épidémie touche aussi l’armée, où le nombre de soldats séropositifs a été multiplié par 40 depuis 2022.
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De plus en plus de soldats russes sont infectés par le VIH.
Photo: IMAGO/SNA
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Marian Nadler

Près de 1% de la population russe vit avec le VIH – une proportion inégalée en Europe. Selon le ministère de la Santé, près de 50'000 nouvelles infections ont été recensées en 2024. Plus d’un million de personnes sont concernées. L’épidémie a des conséquences graves, y compris pour l’armée russe, rapporte SRF

Depuis la mobilisation de 2022 et le recrutement de dizaines de milliers de détenus, le nombre de soldats séropositifs a explosé. En un an, il a été multiplié par 40, selon des médecins militaires russes. Officiellement, les personnes séropositives sont considérées comme inaptes. Mais le chef du Kremlin Vladimir Poutine et son commandement militaire semblent passer outre. 

Règles d'hygiène non respectées

La guerre accroît les risques liés au VIH, en perturbant le traitement, la prévention et l’accès aux soins sur le front. Des médias russes indépendants rapportent que les règles d’hygiène ne sont souvent pas respectées dans les zones de combat. Par ailleurs, la prostitution se développe dans les territoires occupés, selon le média «Vjorstka». 

Le retour de soldats infectés pourrait mettre sous pression le système de santé russe, estiment les experts. Les pénuries de médicaments et de tests sont déjà une réalité. Le gouvernement a certes augmenté les budgets, mais de nombreuses ONG ont quitté le pays après avoir été désignées comme «agents étrangers». Dès septembre 2023, l’organisation «European Aids Treatment Group» alertait déjà sur une «épidémie de VIH cachée» dans les territoires occupés.

Et en Suisse?

Des conditions comparables à celles observées dans les troupes du Kremlin sont impensables en Suisse. Ici, les personnes séropositives peuvent être déclarées inaptes au service militaire selon leur situation médicale, comme le rappelle le portail spécialisé Tellmed, citant le Centre de conseil pour le refus de servir et le service civil.

En résumé, il s’agit d’une question de cas individuel. Pour les personnes séropositives à un stade précoce sans traitement, une aptitude peut être envisagée dans certains cas. En revanche, dès qu’une thérapie est nécessaire, l’aptitude militaire est généralement exclue.

Depuis le premier trimestre 2014, l’armée propose aussi des tests VIH sur une base volontaire. Selon la Confédération, ces tests ne sont pas obligatoires de manière générale, mais peuvent être proposés lors du recrutement ou être déterminants pour certaines fonctions. En cas de VIH ou d’hépatite, les soldats sanitaires sont notamment exposés à un risque accru en raison des piqûres et du contact avec le sang.


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