Ces artistes ont clashé Trump durant les Grammy
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«Ice out»:Ces artistes ont clashé Trump durant les Grammy

L'ICE sous le feu des critiques
Les clashs anti-Trump qui ont enflammé les Grammy

Les Grammy Awards 2026 à Los Angeles ont été marqués par des prises de position contre la politique migratoire de Donald Trump. Bad Bunny, Billie Eilish et d'autres stars ont dénoncé les pratiques de l'ICE sur scène.
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Photo: Kevin Mazur/Getty Images for The
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AFP Agence France-Presse

Du puissant «Nous sommes humains» lancé par le chanteur portoricain Bad Bunny au «Fuck ICE» de Billie Eilish, en passant par les piques du comédien sud-africain Trevor Noah, à la présentation, la 68e cérémonie des Grammy Awards, dimanche à Los Angeles, aura été marquée par de nombreuses prises de position contre la politique anti-immigration menée tambour battant par Donald Trump.

Les marques de rejet ont déambulé dès le tapis rouge, plusieurs artistes arborant un pin's exigeant «ICE Out», soit le départ de la police américaine de l'immigration (ICE). Parmi ces stars: Billie Eilish et son frère Phineas, Justin Bieber et son épouse Hailey Bieber, ou encore Lady Gaga et Joni Mitchell.

La première a joint le geste à la parole lorsqu'elle s'est vu couronnée du prix de la chanson de l'année (qui récompense les auteurs-compositeurs) pour son titre «WILDFLOWER». «Personne n'est illégal en terre volée», a souligné Billie Eilish, avant de ponctuer: «Fuck ICE». La chanteuse de 24 ans a également encouragé les manifestants à «continuer à se battre, s'exprimer et protester». «Nos voix comptent, les gens comptent.»

Deux manifestants contre les opérations de capture et d'expulsion d'immigrés, Renee Good puis Alex Pretti, sont morts en quelques semaines sous les balles des policiers fédéraux à Minneapolis, la plus grande ville de l'Etat du Minnesota (nord).

La Britannique Olivia Dean, sacrée révélation de l'année, a loué le courage des personnes qui quittent leur terre natale. «Je pense que ces personnes devraient être célébrées. Nous ne sommes rien les uns sans les autres», a rappelé la chanteuse de 26 ans, née d'un père anglais et d'une mère jamaïcaine et guyanienne.

«Nous ne sommes pas des animaux»

La déclaration la plus explicite est venue de Bad Bunny. «Avant de remercier Dieu, je vais dire: dehors, ICE», a lancé le Portoricain dès sa montée sur scène. «Nous ne sommes pas des sauvages. Nous ne sommes pas des animaux. Nous ne sommes pas des étrangers. Nous sommes des êtres humains et nous sommes américains», a martelé le chanteur de 31 ans, qui a récolté trois trophées au total, dont le prestigieux «album de l'année» pour «DeBÍ TiRAR MáS FOToS».

La chanteuse Kehlani a, elle, souligné son «espoir» de voir la communauté des artistes faire bloc et «rejeter explicitement ce qui est en train de se passer», ponctuant également son intervention d'un «Fuck ICE». La compositrice-interprète colombienne Karol G s'est pour sa part réjouie de voir la communauté latino-américaine – «qui traverse, ici aux Etats-Unis, une période difficile» – bien représentée aux Grammy Awards.

A la présentation, Trevor Noah (connu aux Etats-Unis pour avoir présenté le talk-show satirique «The Daily Show") a fait de Bad Bunny son comparse pour tourner la Maison Blanche en ridicule. «Si ça empire aux Etats-Unis, je peux venir vivre avec toi à Porto Rico?», a demandé le comédien au chanteur, qui lui a répondu: «Trevor, j'ai une mauvaise nouvelle pour toi: Porto Rico fait déjà partie des Etats-Unis.» «Ne le leur dis pas», a ponctué le présentateur en référence à l'administration Trump.

La soirée a également été marquée par le triomphe du rappeur américain Kendrick Lamar, qui s'est vu décerner cinq Grammys, dont celui de l'enregistrement de l'année pour «luther» avec la chanteuse SZA.

Improbable: Dalaï Lama primé

Lundi, le Dalaï Lama, chef spirituel de la communauté tibétaine, a exprimé sa «gratitude» après avoir reçu la veille à Los Angeles son premier Grammy Award, dans la catégorie livres audio pour ses «Méditations : Réflexions de Sa Sainteté le Dalaï-Lama». «Je crois vraiment que la paix, la compassion, le souci de notre environnement et la compréhension de l'unité de l'humanité sont essentiels au bien-être collectif des huit milliards d'êtres humains», a ajouté le lauréat du prix Nobel de la paix, âgé de 90 ans et qui vit en exil en Inde.

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