Pendant et après le 17 octobre
Violence et haine d'ultradroite constatées à Paris, Lyon, Nice et Tours

Symboles néonazis, propos suprématistes et islamophobles: l'ultradroite a défilé le 19 octobre et sévi le 17, rapportent Libération et Lyon Actu. Menant une «guerre raciale», elle appelle à descendre dans la rue le 1er novembre.
Le défilé de l'ultradroite à Lyon arborait le drapeau à croix celtique, associé au suprémacisme blanc.
Photo: Le Monde
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Myret ZakiJournaliste Blick

Plusieurs événements rapportés par les médias français font état d'une montée de l'ultradroite à la faveur des violences et troubles du 17 octobre. A Lyon, un rassemblement non déclaré de l’ultradroite s'est tenu en plein couvre-feu, sans être empêché, le soir du 19 octobre, rapporte le site Lyon Actu. Environ 200 personnes au visage dissimulé et habillées en noir ont défilé dans la ville, indique le média local, en brandissant notamment un symbole néonazi et en proférant des propos islamophobes et xénophobes.

«Islam hors d'Europe»

A l'avant du défilé était arboré un drapeau français à croix celtique, symbole récupéré par les milieux identitaires suprémacistes blancs et par les mouvements nationalistes radicaux de la mouvance néofasciste.

Des propos ont été scandés, tels que «ré, ré, rémigration», ou «Islam hors d’Europe», ou «La racaille en prison, libérez la ville de Lyon». Le préfet du Rhône Etienne Guyot a indiqué à Lyon Actu avoir saisi le procureur de la République par un article 40 afin de signaler les propos incriminés.

Photo: facebook

Le préfet du Rhône avait fait état le 20 octobre de sa colère contre la «volonté de récupération» manifestée par ce groupe d'ultradroite. Le défilé avait en effet démarré sans prévenir, dans la foulée d'un rassemblement apolitique en soutien aux commerçants victimes de casse le 17 octobre, et alors que le couvre-feu décrété par les autorités avait déjà débuté à 21h. Le groupe d'ultradroite se serait «mêlé de manière insidieuse au rassemblement pour le récupérer», a estimé la préfecture du Rhône.

Les individus identifiés comme appartenant à l'ultradroite ont aussi scandé «La rue, la France nous appartient», selon une vidéo diffusée sur Instagram par le média local Lyon Capitale. Sur ces images, «Le Monde» a identifié Renaud Mannheim, membre du groupe de rock néonazi «Match Retour», et ancien leader du groupuscule néonazi «Blood & Honor», dissous en 2019. L'homme entretenait des liens avec Jean-Marie Le Pen, d'après une enquête de Mediapart.

Appel à agir contre les «émeutes ethniques»

Mais ce n'est pas qu'à Lyon que l'ultradroite s'est exprimée ces derniers jours en France. Une enquête Libération rapporte ce 19 octobre qu'à Nice, Paris, Tours, «des groupuscules nationalistes se sont mêlés aux manifestants le 17 octobre et en ont profité pour agresser des participants». Mus par l’idée d’une «guerre raciale» en cours, ils appellent à descendre dans la rue le 1er novembre, indique le média français.

Selon les informations de «Libération», un groupe de «nationalistes» aurait sévi à Nice, et des nervis se sont fondus parmi les casseurs à Paris. A Tours (Indre-et-Loire), un groupe a revendiqué s’être «mobilisé pour sécuriser le centre-ville».

Photo: facebook

En ligne, des influenceurs de la mouvance appelleraient à passer à l’action contre des «émeutes ethniques» et certains donnent rendez-vous à la mouvance le 1er novembre, pour une manifestation réclamant «la remigration» des populations étrangères ou présumées telles.

A Nice, le passage à l’acte a été revendiqué via une vidéo diffusée en ligne ce week-end, indique «Libération». «Les images montrent un groupe de 20 à 30 hommes en noir ou cagoulés, certains ayant revêtu un gilet jaune. Ils chargent dans une rue déserte, tournent, puis agressent à plusieurs un jeune homme.»

Macron et Lecornu visent l'ultragauche

De son côté, l'utragauche est également pointée du doigt, quant à elle par le président Emmanuel Macron et le Premier ministre Sebastien Lecornu. Tous deux ont accusé les groupes radicaux d'extrême gauche, rejoints par des délinquants, d'avoir provoqué une partie des violences du 17 octobre.

La thèse de l'exécutif n'a toutefois pas été confirmée par la procureure de Paris, puis elle a été fragilisée par une enquête de Mediapart, où un commissaire du renseignement territorial témoigne qu’on a demandé à ses collègues et lui «d’écrire texto que c’est LFI qui est derrière le mouvement» alors qu'ils jugent cette thèse objectivement fausse.

Lyon Actu rapporte néanmois ce 20 octobre des propos menaçants de la part du groupe d’ultragauche Antifa Lyon. Cité par le média, il prévient que «la journée du 17 octobre était un avertissement: si vous continuez à développer un capitalisme mortifère et à faire monter l’extrême-droite, ce genre de journée se répétera encore et encore». La polarisation dans l'Hexagone est à son comble.

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