Premier meeting de campagne
Vous avez aimé ou détesté Macron? C'est reparti avec Attal

L'ancien Premier ministre français doit tout à Emmanuel Macron, dont il a accompagné les deux mandats présidentiels. Le voici candidat pour lui succéder. Avec un programme quasi-identique à celui de son ex mentor avec lequel il prend aujourd'hui ses distances.
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Gabriel Attal a tenu son premier meeting de campagne à Paris ce samedi 30 mai.
Photo: AFP
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Richard WerlyJournaliste Blick

Retour vers le futur. C’est, en somme, le programme de Gabriel Attal pour l’élection présidentielle française de 2027. Retour aux propositions d’Emmanuel Macron lorsqu’il créa le mouvement «En Marche» pour s’engager dans la course à l’Élysée à la fin de l’année 2016. Retour aux promesses, en particulier à celle de faire de la France le champion d’Europe d’ici dix ans, y compris sur le terrain de l’intelligence artificielle. Et retour au « ni droite ni gauche » pour cet ancien membre du Parti socialiste, qui fut conseiller de plusieurs ministres sous la présidence de François Hollande.

Attal en meeting se dit candidat pour l'espoir
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Présidentielle française:Attal en meeting se dit candidat pour l'espoir

À Paris, ce samedi 30 mai, dans l’un des halls du Parc des expositions de la porte de Versailles où il tenait son premier meeting, l’ex-Premier ministre (de janvier à juillet 2024) a déroulé un discours volontariste, lesté de nombreux mots d’ordre mais de peu de propositions concrètes. Le tout centré, comme jadis Emmanuel Macron, sur un atout principal : sa personnalité, sa détermination et sa « force d’agir », quitte à «monter sur la table».

Marathon présidentiel

Pour démarrer ce marathon présidentiel, alors que les candidats affluent dans l’espace central, Gabriel Attal, 37 ans, avait opté pour la solution de facilité: tenir un premier meeting à proximité de la ville de banlieue parisienne dont il est député, Vanves. Pas compliqué, ainsi, de faire venir quelques milliers de sympathisants.

L’ambiance? Studieuse et volontariste, mais pas survoltée. Les panneaux «Liberté, Égalité, Fraternité» et les drapeaux français et européens offraient de belles images autour d’une promesse sans cesse répétée: «Redevenir la première puissance d’Europe.»

Pour le reste? Un discours articulé autour de quatre promesses et de deux dettes. Une démonstration davantage qu’un programme. Un inventaire comme on les enseigne à Sciences Po, l’école de l’élite politique où Gabriel Attal fut étudiant. Beaucoup de mots sur l’avenir. L’engagement de consulter les Français et de leur rendre «la force d’agir». Sans un mot, ou presque, sur la situation internationale et sur les comptes publics catastrophiques du pays, qui limitent pourtant fortement toute marge de manœuvre.

Quatre promesses et deux dettes

Quatre promesses et deux dettes, donc, déclinées entre des salves d’applaudissements et des cris de « Attal président ! » ou «On va gagner!», avant une séance de dédicaces de deux heures pour son livre tout juste paru, En homme libre (Éd. de l’Observatoire).

Vous avez aimé ou détesté Macron? On y revient, en évitant soigneusement de nommer l’actuel chef de l’État.

Promesse n°1: révolutionner l’école afin que la France retrouve l’une des premières places du classement PISA, dans lequel elle a fortement reculé.

Promesse n°2: augmenter les salaires et réformer le Code du travail, une ambition répétée par les candidats depuis des décennies, avec des résultats souvent limités.

Promesse n°3: maîtriser les frontières et renforcer l’immigration de travail tout en restaurant l’autorité de l’État, illustrée par la formule : «Tu casses, tu répares.»

Promesse n°4: faire de la France le champion européen de l’intelligence artificielle.

Et tout cela en réglant deux dettes: la dette publique (3460 milliards d’euros en avril 2026, soit 116% du PIB, contre moins de 40% pour la Suisse) et la dette écologique.

Premier meeting présidentiel

En 2016, Emmanuel Macron avait tenu son premier véritable faux meeting présidentiel dans un lieu beaucoup plus symbolique: le palais de la Mutualité, à Paris, haut lieu des luttes sociales. La date l’était tout autant: le 12 juillet, deux jours avant le dernier 14 Juillet du quinquennat de François Hollande, dont il avait été l’un des plus proches collaborateurs avant d’être nommé ministre de l’Économie.

Pas encore officiellement candidat, il bénéficiait alors de l’avantage de la surprise, de la nouveauté et du soutien d’une large partie de l’élite intellectuelle. Fort de son parcours d’ancien technocrate et banquier, Macron promettait la rupture, détaillée ensuite dans son livre «Révolution» (Ed. Observatoire).

Dix ans plus tard, Gabriel Attal, qui est l’un de ses héritiers, est revenu, quoi qu’il en dise, dans le giron des politiciens traditionnels, même s’il a dénoncé à plusieurs reprises les «nostalgiques» assoupis. Aucune véritable surprise dans son discours, hormis la promesse déjà évoquée d’accorder 1000 euros par nouveau-né aux familles et de repenser le système français des retraites avec une part d’assurance privée.

Une seule phrase a été consacrée à la tenue régulière de référendums s’il est élu: exactement ce qu’Emmanuel Macron a souvent promis sans jamais réellement passer à l’acte.

Retour à Macron

Macron, enfin. L’homme. Le président. Gabriel Attal lui doit tout. Mais cela ne l’a pas empêché de dresser, en creux, le procès de celui qui, après l’avoir nommé Premier ministre en janvier 2024, l’envoya dans le mur six mois plus tard avec la dissolution de l’Assemblée nationale.

Plus question, pour le candidat Attal, de « gouverner seul avec quelques personnes dans son bureau ».

«L’exercice du pouvoir m’a changé, j’ai mûri, j’ai appris», a asséné celui qui, tout en dénonçant la fracture générationnelle, avait devant lui un échantillon révélateur de son électorat: beaucoup de « boomers » de plus de 50 ans, une forte majorité de Blancs, une prédominance évidente des classes moyennes supérieures et de jeunes diplômés.

À l’opposé, donc, des électeurs populaires attirés par le Rassemblement national (RN, droite nationale-populiste) ou La France insoumise (LFI, gauche radicale).

Gabriel Attal veut être le président d’une France qui produira les prochaines fusées de type SpaceX (celles du milliardaire Elon Musk). La sienne, pour le moment, décolle avec un carburant jadis performant, mais usé par dix années de pouvoir: le macronisme.

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