«En désaccord» avec la ligne du parti
Elisabeth Borne claque la porte de Renaissance

L'ex-Première ministre Elisabeth Borne quitte la direction de Renaissance, critiquant la ligne du secrétaire général Gabriel Attal. Elle se recentre sur son initiative «Bâtissons ensemble», visant à rassembler au-delà des partis.
Elisabeth Borne se montre très critique envers Gabriel Attal.
Photo: Getty Images
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AFP Agence France-Presse

L'ancienne Première ministre Elisabeth Borne a annoncé mercredi se retirer de la direction du parti Renaissance dont elle restera néanmoins adhérente, se disant «en désaccord» avec la ligne portée par le secrétaire général Gabriel Attal.

«Je suis en désaccord avec la ligne actuelle», a-t-elle affirmé sur France Inter, regrettant que celle-ci ne soit «pas forcément débattue» en interne. «J'ai décidé de démissionner du Conseil national de Renaissance, de me mettre en retrait du bureau exécutif et de me consacrer à la structure que j'ai créée, 'Bâtissons ensemble'», qui a vocation à «rassembler au-delà des partis», a-t-elle déclaré.

Elisabeth Borne, qui publie jeudi «Réveillons-nous!» (Robert Laffont), a affirmé qu'elle resterait tout de même «simple adhérente» de Renaissance. «Je suis attachée aux militants et je suis attachée aux valeurs qu'on a portées en 2017, mais je ne souhaite pas participer aux instances.»

Son annonce survient alors que Gabriel Attal s'active en vue de la présidentielle, multipliant les déplacements pour tenter de déloger Édouard Philippe de son rang de favori du bloc central pour la course à l'Élysée.

«L'agence de com' de Gabriel Attal»

En août 2024, Elisabeth Borne avait annoncé sa candidature à la tête du parti Renaissance. Quatre mois plus tard, elle renonçait à déposer sa propre liste, moyennant un accord avec Gabriel Attal qui lui assurait la présidence du Conseil national, sorte de Parlement du parti.

Mais l'ancienne Première ministre, qui avait accueilli M. Attal sur le perron de Matignon en janvier 2024, n'a jamais semblé adhérer à la démarche de son éphémère successeur, qui s'est emparé du parti sans l'accord de l'Elysée et dirige également le groupe macroniste à l'Assemblée nationale. «Renaissance, ce n'est pas un parti, c'est l'agence de com de Gabriel Attal», avait-elle notamment déclaré à La Tribune Dimanche.

Contre un «pouvoir solitaire»

Interrogée sur ses propres ambitions pour la présidentielle de 2027, Elisabeth Borne a répondu mercredi que ce n'était «pas du tout le sens de (sa) démarche» et qu'elle voulait se concentrer sur des propositions.

Elle s'est aussi livrée à une «critique de méthode» d'Emmanuel Macron. Evoquant sa vision du rôle du président, elle a affirmé être opposée à un «pouvoir solitaire et un peu vertical». Quant à ses points de désaccord avec la ligne de Renaissance, elle a cité le «respect du droit international», du Conseil constitutionnel et de la Constitution.

Elle avait déjà affiché son scepticisme, voire son opposition à certaines mesures de fond annoncées par Renaissance, comme l'interdiction du voile pour les mineures de moins de quinze ans. La députée du Calvados avait séché le discours de clôture du meeting d'Arras de Gabriel Attal en septembre 2025, comme un certain nombre de figures du parti, en désaccord avec sa prise de distance vis-à-vis d'Emmanuel Macron.

Elle n'était pas non plus présente lundi soir au bureau exécutif qui a examiné les propositions de désignation du candidat du parti à l'élection présidentielle. Celles-ci --désignation du secrétaire général ou primaire interne-- doivent être tranchées le 12 mai lors d'un Conseil national, instance qu'elle présidait.

«Elle aurait pu utiliser le Conseil national pour faire travailler des gens et venir challenger Gabriel avec des propositions de fond, elle ne l'a jamais fait», explique une source proche du secrétaire général du parti. 

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