Le second tour, c'est ce soir!
Paris, Lyon, Marseille: ce que beaucoup redoutent ce dimanche

Dans les trois plus grandes villes de France, mais aussi à Toulouse, le scénario du grand basculement est possible à l'issue du second tour. Ce que beaucoup redoutent? Des métropoles fracturées.
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Rachida Dati va-t-elle réussir à faire basculer Paris à droite?
Photo: IMAGO/Bestimage
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Richard WerlyJournaliste Blick

Et si rien ne se passait comme prévu dans les cinq premières villes de France? Ce soir, le second tour des municipales s’achèvera à 20 heures. Les premiers résultats seront connus dans la foulée. Paris, Lyon, Marseille, mais aussi Nice ou Lille pourraient connaître des révolutions politiques de grande ampleur. Le pire scénario serait celui de villes fracturées, comme l’est le pays en cette fin de présidence d’Emmanuel Macron.

Le premier duel, de loin le plus spectaculaire, concerne Paris, où l’ancienne ministre de la Culture Rachida Dati, maire réélue du VIIe arrondissement (celui des ministères), pourrait conquérir la capitale française, jadis aux mains de la droite gaulliste avec Jacques Chirac. Problème: depuis 2001 et l’élection du socialiste Bertrand Delanoë, Paris est dominé par le PS. 

Or, la surmobilisation électorale, ce dimanche, dans les quartiers populaires et dans les arrondissements tenus par la gauche laisse augurer d’une bataille redoutable dans les urnes. D’abord parce que Rachida Dati, politique «people» très connue à l’international, a tapé très fort sur le candidat PS Emmanuel Grégoire. Ensuite parce que ce dernier a refusé de s’allier à la candidate de La France insoumise (LFI, gauche radicale), Sonia Chikirou. 

Résultat? Une triangulaire qui, sur le papier, est favorable à l’ancienne ministre, soutenue par la candidate de droite radicale Sarah Knafo, qui s’est retirée. Sauf que la participation et le refus des électeurs centristes de voter pour Dati peuvent faire toute la différence…

Nouveau paysage politique

Les deux autres duels de Lyon et Marseille donneront une idée du nouveau paysage politique français, un an avant la présidentielle d’avril-mai 2027. A Lyon, une victoire à l’arraché de l’écologiste sortant Grégory Doucet démontrerait que les Verts ne sont pas rejetés, comme l’ont montré de nombreux sondages. 

Face à lui, l’ex-patron de l’Olympique lyonnais, le club de foot de la ville, Jean-Michel Aulas, est le baromètre d’une possible incursion politique des personnalités issues de la société civile. Un entrepreneur élu à Lyon? Cela ouvrirait la porte aux aspirations nationales de personnalités comme Michel-Édouard Leclerc, patron du géant de la distribution du même nom, ou du milliardaire des télécoms Xavier Niel. Une issue contraire pourrait, en revanche, les décourager de s’aventurer sur le terrain électoral.

Le progrès du RN

A Marseille, le test sera celui du Rassemblement national (RN). Le parti de droite nationale-populiste espère encore l’emporter dans le grand port méridional, mais son candidat Franck Allisio est donné perdant face au maire sortant socialiste Benoît Payan. Le RN, qui a obtenu de très bons résultats au premier tour, pourrait se consoler s’il perd dans la cité phocéenne avec une victoire à Toulon, le port militaire voisin. 

Mais attention: le RN peut gagner à Marseille. Dans cette ville ouverte sur la Méditerranée et gangrenée par le trafic de drogue, le choc politique serait de grande ampleur.

Des scénarios surprises pourraient aussi transformer des villes comme Toulouse, Nice, Lille ou Strasbourg. A Toulouse, le jeune candidat de la gauche radicale allié au PS, François Piquemal, marquerait un énorme point s’il l’emporte dans la Ville rose. A Nice, la guerre fratricide entre Eric Ciotti (bien placé pour l’emporter) et le maire sortant Christian Estrosi (dont il fut le collaborateur) a des allures de tragédie grecque, mais elle donnera surtout le ton pour une future «union des droites» sur le modèle italien de Giorgia Meloni. 

A Lille, c’est le monopole socialiste sur la ville depuis 70 ans qui pourrait être ébranlé par LFI, ce qui démontrerait la difficulté de la gauche à un an de la prochaine présidentielle. Enfin, à Strasbourg, la victoire possible de la socialiste Catherine Trautmann, désavouée par son parti pour avoir fait alliance avec les centristes contre la maire écologiste sortante, serait la preuve qu’en politique, une chose compte plus que tout: la ténacité.

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