Second tour le 22 mars
Ils sont les 5 perdants des municipales en France

Ce mardi 17 mars, la configuration des listes pour le second tour des municipales françaises sera connu. Plus de 30'000 communes sur 35'000 ont déjà élu leur maire, victorieux au premier tour. D'autres, en revanche, sortent grands perdants.
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Le patron du PS français Olivier Faure a le plus grand mal à justifier les alliances locales avec le parti de Jean-Luc Mélenchon.
Photo: AFP
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Richard WerlyJournaliste Blick

Ils ont perdu. Certains d'entre eux croient encore pouvoir faire mentir les pronostics à l'issue du second tour des élections municipales françaises qui aura lieu dimanche 22 mars. Les listes définitives pour ce deuxième round électoral seront officialisées ce mardi soir. Le suspense vaut principalement pour les grandes villes, à commencer par Paris, Lyon et Marseille. Mais certaines défaites nationales sont déjà consommées.

Qui sont les perdants de ce dernier scrutin avant la présidentielle de mai 2027, à laquelle Emmanuel Macron ne pourra pas se présenter, ayant déjà effectué deux mandats consécutifs ?

Le macronisme, l'agonie

A quoi ressemblera l'héritage politique d'Emmanuel Macron, après dix années passées à l'Elysée? La réponse se lit dans les urnes municipales. Certes, le parti Renaissance, présidé par Gabriel Attal, peut se targuer de «poursuivre son implantation territoriale», mais le navire macroniste fuit de toutes parts. La reconstitution de l'opposition traditionnelle droite-gauche, encore plus radicalisée avec, d'un côté, le Rassemblement national (extrême droite) et, de l'autre, La France insoumise (gauche radicale), est la preuve que le projet centriste du chef de l'Etat en 2017 a échoué. A Paris, l'exemple de ce naufrage est donné par la liste centriste de Pierre-Yves Bournazel, qui fusionne in extremis et sous la pression de l'ancien Premier ministre Edouard Philippe (bien placé pour être réélu au Havre, et candidat déclaré à la présidentielle 2027), avec celle de Rachida Dati, candidate controversée de la droite et incarnation du vieux monde politique. Le macronisme agonise.

Le PS, illisible

Le Parti socialiste joue son va-tout dans quelques grandes villes de France. S'il réussit à conserver Paris, Marseille, Lille ou Nantes, tout en contrôlant des centaines de villes moyennes, le PS affirmera qu'il a gagné à l'issue du second tour. Soit. L'enjeu de ce scrutin est bel et bien municipal. N'empêche: la consigne nationale de se tenir à distance de LFI, le parti de Jean-Luc Mélenchon, a volé en éclats devant les réalités électorales. Plus grave: tout un public de gauche, surtout au sein de la jeunesse et des quartiers populaires, maintient son soutien aux élus insoumis, perçus comme plus combatifs. L'alliance budgétaire avec le camp macroniste, qui a permis au gouvernement de Sébastien Lecornu de tenir et de faire adopter le projet de loi de finances pour 2026, est un boulet politique.

La droite, déboussolée

Le parti de droite «Les Républicains» est dans une situation similaire à celle du PS, son adversaire traditionnel pour la conquête du pouvoir en France. Il peut se targuer d'une emprise importante dans les «territoires», grâce à de très nombreuses mairies. Mais la force dominante à droite, en France, est incontestablement le Rassemblement national, avec lequel il refuse toujours, pour l'heure, «l'union des droites» à la mode italienne, sous le gouvernement de Giorgia Meloni. Le candidat désigné du camp conservateur à la présidentielle, Bruno Retailleau, aura de la peine à sortir de ce piège. Un homme, en revanche, est en forme: son prédécesseur Eric Ciotti, chantre de l'alliance avec le parti de Marine Le Pen, et bien placé pour l'emporter au second tour dans sa ville de Nice face à son ancien mentor, le maire sortant Christian Estrosi, passé de la droite gaulliste au camp Macron.

Les métropoles, le brouillard

Ce scrutin municipal a, en France, plusieurs originalités. Première d'entre elles: pour la première fois, les électeurs devaient choisir, dans les trois plus grandes villes du pays – Paris, Lyon et Marseille – leurs maires d'arrondissement d'un côté, et le maire de la ville de l'autre. A Lyon, ils devaient aussi voter pour la métropole, c'est-à-dire l'agglomération lyonnaise, ce qui obligeait à mettre trois bulletins dans l'urne. Or, la division ville-métropole n'est toujours pas bien comprise, alors que ces dernières ont d'énormes compétences, souvent plus importantes que celles de la seule municipalité. Idem pour les intercommunalités, ces regroupements de communes dont les responsables ne sont pas directement élus, puisqu'ils sont désignés après les municipales. Bref, le brouillard institutionnel français, et le mille-feuille des collectivités locales, déconcertent toujours autant.

Le maire, pas si populaire

La France compte environ 35'000 communes, dont certaines de moins de 100 habitants. 31'000 d'entre elles ont élu leurs maires et conseils municipaux au premier tour. Mais la participation électorale est en nette baisse, avec 57%, preuve que le maire n'est plus l'élu le plus apprécié du pays. Une raison avancée est le changement de mode de scrutin, qui interdit, dans les communes de petite et moyenne taille, de barrer des candidats sur les listes du conseil municipal. Il faut voter pour la liste, ou rien. La confusion villes-métropoles est aussi propice au découragement. Cette désaffection pour la politique locale correspond au cliché selon lequel le maire est, en 2026, un élu qui prend surtout des «baffes» avant de recevoir des compliments.

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