Premier tour des municipales
Paris, Lyon, Marseille: comment la France bascule

A travers les trois plus grandes villes de France, les élections municipales brossent le portrait du pays en 2026. Un pays de plus en plus écartelé entre droite et gauche radicales.
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A Paris, l'ancienne ministre de la Culture Rachida Dati est devancée par le candidat socialiste.
Photo: AFP
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Richard WerlyJournaliste Blick

La France électorale ne se résume pas aux trois plus grandes villes du pays. Paris, Lyon et Marseille ne dictent pas leur loi dans les urnes. Et pourtant, comment ne pas s'attarder sur les résultats du premier tour des municipales, à un an de la présidentielle de mai 2027? Un grand basculement est en train d'avoir lieu dans le pays. Voici à quoi il ressemble.

Le premier basculement est la confirmation de la poussée de la droite radicale à Marseille. Dans ce grand port méridional miné par l'insécurité, le candidat du Rassemblement national Franck Allisio réussit à talonner le maire sortant PS Benoît Payan: 34,3% contre 36%. Rien n'est joué, mais le slogan «Marseille en ordre» a fonctionné et tout va maintenant dépendre de la candidate de la droite traditionnelle Martine Vassal qui, récemment, avait résumé son programme d'une formule choc chère à la droite radicale: «Travail, famille, patrie».

Le RN engrange

Si Marseille bascule du côté du Rassemblement national, cela confirmerait la pole position du RN dans le sud de la France. Il faut ajouter à ce succès marseillais la nette avance d'Eric Ciotti à Nice. L'allié du RN, ancien président des Républicains, est un chaud partisan de l'Union des droites. Il prouve que la droite traditionnelle est désormais devancée, en France, par le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella.

Le second basculement, qui pourrait venir de Lyon, est la perplexité des électeurs devant les nouveaux venus en politique. Les médias et les sondages croyaient dans la percée de Jean-Michel Aulas, l'ancien président du club de foot de la ville: l'Olympique lyonnais. Déception: celui-ci n'obtient que 35% des voix, devancé par le maire sortant écologiste Grégory Doucet avec 37,4%. Une leçon présidentielle? Oui, car des candidats indépendants, venus du monde de l'entreprise, se profilent pour la présidentielle. Surtout des grands patrons. On évoque les candidatures du magnat des télécoms Xavier Niel ou du géant de la distribution Michel-Édouard Leclerc. Le banquier de gauche Matthieu Pigasse veut aussi se lancer dans la course à l'Elysée. Or l'exemple Aulas démontre qu'un tel choix est difficile. Le second tour lyonnais impactera sans doute la détermination des «outsiders» qui ne sont pas issus de la classe politique.

LFI avance

Troisième basculement, illustré par le score parisien de Sophia Chirikou, l'égérie de La France insoumise (LFI) et compagne de Jean-Luc Mélenchon. Avec 13,3% des voix, la candidate du parti mélenchoniste démontre que la population parisienne – qui a placé nettement en tête le candidat socialiste, premier adjoint sortant – veut plus de politiques sociales. Cette percée se confirme sur le plan national. Ceux qui pensaient que la gauche radicale serait marginalisée, en raison des excès médiatiques de Jean-Luc Mélenchon, doivent réviser leurs analyses. Pour l'emporter dans de nombreuses villes, à l'image de ce qui se passera à Paris entre les deux tours, l'union des gauches va devoir se réaliser. Compliqué pour le PS qui, au niveau national, rejetait toute alliance avant ce scrutin. Paris prouve que la gauche peut regagner du terrain. Mais à gauche toute!

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