Elle sera candidate à l'Elysée
Ces 5 raisons ont convaincu Marine Le Pen de se présenter

Marine Le Pen a tranché. Malgré sa lourde condamnation, ce mardi 7 juillet, pour détournement de fonds publics du Parlement européen, la cheffe du Rassemblement national se présentera à la présidentielle en France.
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Marine Le Pen a tranché: elle sera pour la quatrième fois candidate à l'élection présidentielle.
Photo: Christian Hartmann/Pool Reuters via AP

En bref

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  • Marine Le Pen annonce sa candidature à l'élection présidentielle française de 2027, malgré sa condamnation en appel à trois ans de prison, dont un an ferme aménageable, pour détournement de fonds publics.
  • Déjà candidate en 2012, 2017 et 2022, Le Pen espère mobiliser son électorat anti-européen et mise sur un allègement de sa peine.
  • Condamnée pour avoir détourné des millions d'euros du Parlement européen entre 2004 et 2016, elle reste éligible selon la loi française. Les deux tours de l'élection présidentielle sont prévus les 18 avril et 2 mai 2027.
Richard Werly
Richard WerlyJournaliste Blick

Et de quatre! Marine Le Pen (57) n'a mis que quelques heures à trancher. La cheffe du Rassemblement national (RN, droite nationale-populiste) sera bien candidate pour la quatrième fois à l'élection présidentielle française d'avril-mai 2027. Et ce, malgré sa lourde condamnation en appel, ce mardi 7 juillet, pour «détournement de fonds publics» du Parlement européen. Elle est, pour cela, revenue sur son refus de mener campagne avec un bracelet électronique, imposé par la justice qui lui a infligé trois ans de prison, dont un an ferme «aménageable». C'est la Cour de cassation, ultime juridiction française, qui aura le dernier mot.

Cette décision n'est finalement pas surprenante. Mais elle est très risquée. Pourquoi donc un tel changement, alors que son dauphin Jordan Bardella était dans les starting-blocks?

Elle croit que les juges céderont

Autant l'écrire directement: cette décision de se présenter à la présidentielle, accompagnée d'un pourvoi en cassation, a un objectif: convaincre les juges que sa condamnation à trois ans de prison, dont un an «aménageable» (avec bracelet électronique), mérite d'être revue. Risqué? Oui. Mais un premier pas a déjà été franchi par la cour d'appel qui, après avoir accéléré son second procès, a finalement ramené son inéligibilité de cinq ans en première instance à 45 mois, dont trente avec sursis.

Faites le calcul: Marine Le Pen peut se présenter puisqu'elle a déjà purgé ces quinze mois, perdant au passage son mandat de conseillère départementale du Pas-de-Calais. Rappelons au passage que le Conseil constitutionnel français a, en 2025, enjoint les magistrats à respecter la «proportionnalité» de la peine afin d'éviter d'entraver le libre choix démocratique des Français. Cela va-t-il s'appliquer aussi à la Cour de cassation? C'est le pari de la cheffe du RN.

Elle mise sur le calendrier

La Cour de cassation a promis de rendre son jugement avant le mois de janvier 2027. Et d'ici là, la peine prononcée par la cour d'appel sera suspendue, même si les juristes débattent de ce sujet très pointu et inédit. Marine Le Pen croit en tout cas qu'elle sera libre de ses faits et gestes dans les ultimes mois décisifs de la campagne, en vue des deux tours de scrutin les 18 avril et 2 mai 2027. Il faut dire qu'elle connaît par cœur la grammaire d'une telle campagne: elle a déjà été candidate trois fois, en 2012, 2017 et 2022. Elle a été battue nettement les deux dernières fois au second tour par Emmanuel Macron. Son calcul? La pression politique lui sera favorable. Et elle aura, d'ici janvier 2027, fait le plein de son électorat.

Elle a Bardella en réserve

Il ne faut pas l'oublier: Jordan Bardella est toujours en réserve. Il peut, à tout moment, devenir le candidat du Rassemblement national à la présidentielle. D'ici là, le jeune président du RN, député européen depuis 2019, labourera ses terres de prédilection: à savoir la jeunesse et les classes moyennes, moins tentées par «Marine». Cette dernière lui a d'ailleurs promis, au journal télévisé de TF1, le poste de Premier ministre si elle est élue. En clair, la patronne garde son dauphin au chaud. Mais elle le musèle en même temps et évite toute possibilité de fronde.

Elle croit en son électorat

Marine Le Pen vient d'être lourdement condamnée pour un détournement de fonds publics du Parlement européen de plusieurs millions d'euros, sur douze ans, entre 2004 et 2016. C'est grave, et la cour d'appel a motivé sa décision par cette extrême gravité des faits. Sauf que le sujet est particulier: il ne s'agit pas d'un enrichissement personnel. Il s'agit de fonds alloués par le Parlement européen pour des assistants à Bruxelles ou à Strasbourg, que le RN a utilisés pour des collaborateurs basés en France et affectés à des missions nationales. Cela fait-il de la cheffe du RN, et des neuf autres prévenus condamnés (ainsi que du parti, en tant que personne morale), des «délinquants», comme le clament déjà ses adversaires? Oui. Mais l'électorat du RN est anti-européen. Et il ne faut pas de casier judiciaire vierge pour se présenter à l'Elysée. Faites vos jeux...

Elle croit en elle

L'ancien Premier ministre Edouard Philippe (2017-2020) vient de lancer sa campagne présidentielle, dimanche 5 juillet, sous le slogan «Croire en nous». Marine Le Pen vient de confirmer qu'elle «croit en elle». C'est imprudent. C'est risqué. C'est peut-être même voué à l'échec face à une population française qui demande à ses élus d'être avant tout honnêtes, selon les sondages. Mais le fait est que Marine Le Pen respecte les institutions et la décision de justice, tout en s'affichant comme une candidate anti-système, ce que réclament ses partisans. Reste à voir comment sa campagne va démarrer. Pour l'heure, sans bracelet électronique. Une belle preuve de confiance, que ses concurrents vont devoir entamer dès les prochains jours. La campagne présidentielle française est bel et bien lancée.

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