Le Conseil de sécurité de l'ONU a lancé jeudi le processus de sélection du futur secrétaire général de l'instance, en organisant un premier «vote indicatif» qui doit permettre d'évaluer les chances de chacun des sept candidats pour ce poste sensible dans un monde fragmenté.
Quatre femmes et trois hommes tentent à ce jour de succéder à Antonio Guterres, qui terminera le 31 décembre son deuxième mandat de cinq ans: la Chilienne Michelle Bachelet, l'Equatorienne Maria Fernanda Espinosa, l'Argentin Rafael Grossi, la Costaricaine Rebeca Grynspan, l'Ougandais Olara Otunnu, la Guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett et le Sénégalais Macky Sall.
Un premier vote anonyme
A 10h30 locales (16h30 en Suisse), les 15 membres du Conseil se réunissaient à huis clos. Chaque Etat doit anonymement assigner à chaque candidat une mention «encourage», «décourage» ou «sans opinion». «C'est le début important du processus, il est important que nous choisissions le meilleur (candidat)», a commenté l'ambassadeur pakistanais, Asim Iftikhar Ahmad, face aux médias.
«Le vote indicatif pourrait révéler des candidats qui ne sont pas viables, leur permettant de se retirer avec dignité», a indiqué à l'AFP Richard Gowan, de l'International Crisis Group. «Je serais surpris si un candidat émerge avec un avantage décisif», a-t-il ajouté.
Pas de favori clair
Si le nom du patron de l'Agence internationale pour l'énergie atomique Rafael Grossi est très souvent cité, les observateurs estiment qu'il n'y a pas de clair favori dans cette course qui pourrait encore durer plusieurs mois. Et peu se risquent à un pronostic sur son issue, le sort des candidats étant de fait entre les mains des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni), qui n'ont pas indiqué leurs préférences.
Même si l'un d'eux obtient le soutien requis de neuf membres du Conseil – qui choisit le futur chef de l'ONU avant que son nom soit approuvé par l'Assemblée générale –, il devra également éviter un veto d'une de ces cinq grandes puissances très divisées sur la plupart des sujets de politique internationale.
L'Américaine latine pousse
Selon une tradition géographique pas toujours respectée, l'Amérique latine revendique cette fois le poste, ce qui explique que la majorité des candidats soient originaires de ce continent. De nombreux Etats poussent également pour qu'une femme prenne pour la première fois la tête de l'ONU.
Il s'agit des deux «priorités» du Panama, a fait savoir à l'AFP son représentant, Eloy Alfaro de Alba. Six des candidats ont été auditionnés en public par l'Assemblée générale et en privé par le Conseil. Olara Otunnu, qui s'est déclaré il y a quelques jours, sera entendu plus tard.