La purge a commencé
Quatre adolescents tués dans les frappes anti-guérilla du nouveau gouvernement colombien

Quatre mineurs, dont deux adolescents de 15 ans et deux de 16 ans, figurent parmi les 26 morts des bombardements menés par l'armée colombienne contre des guérillas. Le gouvernement affirme viser des groupes recrutant des enfants dans plusieurs régions du pays.
Le président colombien accuse les guérilleros de recruter des mineurs comme boucliers humains et exige qu'ils «paient».
Photo: IMAGO/ZUMA Press Wire
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AFP Agence France-Presse

Quatre mineurs figurent parmi les victimes des premiers bombardements ordonnés par le nouveau gouvernement en Colombie sur des zones contrôlées par des guérilleros, a indiqué lundi à l'AFP une source de l'autorité médico-légale. Deux adolescents de 15 ans et deux autres de 16 ans, selon cette source, sont morts dans des frappes aériennes de l'armée en Amazonie et à la frontière avec le Venezuela, où des groupes armés se disputent les revenus du narcotrafic, de l'exploitation minière illégale et de l'extorsion.

«Les bandits qui, pendant des décennies, ont recruté des mineurs pour en faire des combattants ou des boucliers humains doivent payer pour ces crimes qui violent le droit humanitaire», a déclaré lundi matin sur X le président colombien, Abelardo de la Espriella. Le dirigeant de droite dure est arrivé au pouvoir le 7 août en promettant une lutte sans merci contre les guérillas et les narcotrafiquants, avec le soutien de ses alliés, les Etats-Unis et Israël.

Les frappes ordonnées depuis par son gouvernement ont fait au moins 26 morts. Ces opérations militaires ont visé la guérilla de l'Armée de libération nationale (ELN) dans la région du Catatumbo (nord-est), à la frontière avec le Venezuela.

Mais aussi, dans le département du Guaviare (sud), une dissidence des ex-Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) qui a refusé de signer l'accord de paix historique avec l'Etat en 2016. L'an dernier, 428 cas de recrutement de mineurs par des groupes armés ont été recensés, selon le Bureau de la défenseure du peuple, chargé de défendre les droits des citoyens. Au 31 juillet de cette année, on en comptait 97.

«Chair à canon»

Ces chiffres sont largement inférieurs à la réalité, selon les organismes de défense des droits humains. La semaine dernière, Human Rights Watch a fustigé le rôle joué par les réseaux sociaux dans l'enrôlement des enfants, jugeant Facebook et TikTok incapables d'empêcher la diffusion de contenus produits par les groupes armés en Colombie.

L'ONG a comptabilisé 1500 cas de recrutements d'enfants ou d'adolescents depuis 2021, sur la base de chiffres officiels. Les groupes armés qui enrôlent ces jeunes, par la force ou par la persuasion, leur confient des missions de logistique, de renseignement mais aussi parfois de combat, les utilisant comme «chair à canon», dénonce HRW.

Abelardo de la Espriella a évoqué lundi un troisième bombardement, également dans le Guaviare, visant une autre faction dissidente des Farc dirigée par Ivan Mordisco, le guérillero le plus recherché de Colombie. La frappe a fait huit morts. On ignore si des mineurs figurent parmi les victimes. La Colombie connaît sa pire vague de violence depuis dix ans, en raison des affrontements entre groupes armés qui cherchent à étendre leur territoire et des attaques visant les forces de l'ordre. 

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