«Haine, harcèlement et discrimination»
En Bosnie, premier verdict définitif pour discrimination anti-LGBT+

Un tribunal bosnien a rendu un verdict historique pour discrimination envers une députée anti-LGBT+. Samra Cosovic Hajdarevic devra publier le jugement et payer les frais après ses propos de 2009.
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Manifestants lors de la 5ème Pride de Sarajevo, le 22 juin 2024.
Photo: keystone-sda.ch
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ATS Agence télégraphique suisse

Un tribunal bosnien a prononcé pour la première fois de l'histoire du pays un verdict définitif pour discrimination envers une députée qui avait appelé à «isoler» les membres de la communauté LGBT+, a annoncé lundi l'ONG qui avait porté plainte.

Il aura fallu près de 17 ans à la justice locale pour arriver à cette décision historique. Les propos incriminés ont été prononcés par Samra Cosovic Hajdarevic, ancienne élue à l'assemblée du canton de Sarajevo, en avril 2009, après l'annonce de la tenue de la première marche des fiertés organisée dans la capitale bosnienne en septembre de la même année. Dans un message publié sur Facebook, elle avait écrit: «Je souhaite que ces personnes soient isolées et tenues le plus loin possible de nos enfants et de la société. Qu'elles aillent ailleurs et se créent une ville, un pays, des lois et des droits que personne ne leur contestera. Mais ici, NON!».

Poursuivie en justice par le Centre ouvert de Sarajevo (SOC), organisation de défense des droits des femmes et de la communauté LGBT+, Samra Cosic Hajdarevic avait été condamnée en première instance en 2022 par un tribunal municipal de Sarajevo. Députée du SDA, principale formation bosniaque du pays, Samra Cosic Hajdarevic avait fait appel devant le tribunal cantonal.

«Par cette décision, le tribunal cantonal a entièrement confirmé le jugement du tribunal de première instance, soulignant que la déclaration faite par l'accusée (...) constituait un discours de haine (...) un harcèlement et une incitation à la discrimination», a déclaré dans un communiqué Dzenana Hadziomerovic, avocate de l'organisation SOC.

«Avancée importante»

«Ce jugement représente une avancée importante dans la protection des droits humains», a-t-elle ajouté. L'accusée devra publier le jugement dans deux journaux et payer les frais du procès, a appris l'AFP auprès du SOC.

Après cette première marche des fiertés, qui s'étaient déroulée sous importante protection policière, les suivantes ont été organisés chaque année et ne sont plus considérées comme des événements à très haut risque. Toutefois, sur le plan des droits des personnes LGBT+, peu de progrès ont été réalisés.

L'année 2024 a été marquée «par une hostilité sociale continue (et) des politiques régressives» à l'égard de la communauté, et «malgré certains progrès dans le dialogue public et une certaine ouverture institutionnelle, les changements systémiques restent sporadiques», selon un rapport annuel publié par SOC.

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