Le Grand Conseil genevois a adopté vendredi après-midi une motion pour que les soins de transition de genre soient intégrés à la médecine hautement spécialisée. Objectif: doter la Suisse de centres d'expertise interdisciplinaires.
«Les personnes transgenres ont de grandes difficultés à être reconnues, accompagnées et traitées», a dénoncé l'auteur de la motion, le PLR Pierre Conne, plaidant pour la création d'un réseau de soins intégrés intercantonal. Selon le député, ces personnes risquent de subir des traitements dangereux et d'avoir affaire à des charlatans.
Lors du même débat, la majorité a refusé un projet de loi de l'UDC visant à interdire les interventions de réassignation sexuelle aux mineurs ainsi qu'un moratoire immédiat, également demandé par l'UDC, sur toutes les interventions de réassignation ou de conversion sexuelle destinée aux mineurs. Une motion du PLR proposant notamment un délai de réflexion de 18 mois avant toute opération a aussi été rejetée.
«Refus idéologiques»
«Le mérite de ces textes, déposés il y a trois ans, est d'avoir montré ce qui se fait dans un domaine très émotionnel et qui évolue rapidement», a relevé le conseiller d'Etat Pierre Maudet, en charge de la Santé. Il a indiqué que l'exécutif était opposé à ces textes, sauf à la motion visant à permettre la création de pôles spécialisés.
Les cantons de Genève et Vaud sont intervenus, il y a un an, auprès de la Conférence des directrices et directeurs cantonaux de la santé dans ce sens. «Nous avons fait face à un refus d'entrée en matière de la part de certains cantons, pas seulement pour des raisons médicales mais idéologiques», a-t-il expliqué, tout en assurant qu'il porterait la demande du législatif.
«Le Grand Conseil genevois a envoyé un message clair: la santé des jeunes trans* ne peut être instrumentalisée politiquement», a salué la Fédération genevoise des associations LGBTIQ+. Les textes refusés en plénière «allaient à l'encontre des connaissances scientifiques et juridiques actuelles, des pratiques médicales existantes et des recommandations internationales», écrit-elle.