Moins d'un mois après la capture du président
Laura Dogu arrive à Caracas comme nouvelle cheffe de mission américaine pour le Venezuela

La nouvelle cheffe de mission diplomatique des Etats-Unis pour le Venezuela, Laura Dogu, est arrivée samedi à Caracas. Son arrivée marque une reprise des relations entre Washington et Caracas.
Laura Dogu a donné des gages de coopération à Washington, notamment une réforme de la loi sur le pétrole.
Photo: AFP
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AFP Agence France-Presse

La nouvelle cheffe de mission diplomatique des Etats-Unis pour le Venezuela Laura Dogu a atterri samedi à Caracas, une étape dans la reprise des relations entre les deux pays, moins d'un mois après la capture du président Nicolas Maduro par l'armée américaine, a indiqué une source diplomatique à l'AFP.

Elle est arrivée vers 15h00 (19H00 GMT) en provenance de Bogota, selon cette source. Sa nomination, le 22 janvier, en tant que plus haute autorité d'une représentation diplomatique après un ambassadeur, marque un tournant dans les relations entre Washington et Caracas, rompues en 2019 après que Washington eut refusé de reconnaître la première réélection de Nicolas Maduro et eut choisi de reconnaître un gouvernement parallèle dirigé par l'opposant Juan Guaido.

Laura Dogu, qui a notamment été ambassadrice au Nicaragua de 2012 à 2015, remplace John McNamara, qui occupait ce poste depuis la Colombie depuis le 1er février 2025. Des diplomates américains s'étaient rendus le 9 janvier à Caracas pour évaluer la réouverture de l'ambassade américaine, fermée depuis 2019.

Des gages de coopération avec les Etats-Unis

Le président américain Donald Trump a affirmé à plusieurs reprises qu'il "travaillait bien" avec la présidente par intérim Delcy Rodriguez, qu'il a qualifiée de «formidable». Cette dernière a donné des gages de coopération à Washington, annonçant une amnistie générale, une réforme de la loi sur le pétrole et une réforme judiciaire, ainsi que la fermeture de la célèbre prison politique Helicoïde.

Tout en réclamant la libération de Nicolas Maduro, elle semble avoir affermi son pouvoir avec des nominations et évictions dans l'armée et dans le gouvernement, tout en lançant une réforme du secteur pétrolier en déliquescence pour le relancer grâce aux capitaux américains.

«Nous sommes dans un processus de dialogue, de travail avec les Etats-Unis, sans aucune crainte, pour affronter les divergences, les difficultés, les plus sensibles et les moins sensibles, pour les aborder par la voie de la diplomatie», a déclaré mercredi Delcy Rodriguez.

Sous pression américaine après la capture du président Nicolas Maduro, le pouvoir vénézuélien a promis le 8 janvier des libérations de prisonniers politiques, mais ces dernières ont lieu au compte-gouttes.

711 prionniers politiques

Les autorités affirment que plus de 800 prisonniers politiques – jamais mentionnés en tant que tels – ont été libérés, et que ces libérations ont commencé «avant décembre» et la capture de Maduro. L'ONG spécialisée Foro Penal conteste ce chiffre, et ne recense depuis décembre que 383 libérations, et 266 depuis le 8 janvier.

Au Venezuela, il y a encore au moins 711 prisonniers politiques, dont 65 étrangers, selon cette ONG. Des dizaines de proches campent devant les prisons du pays, attendant les libérations.

La Cour pénale internationale enquête sur de possibles crimes contre l'humanité commis au Venezuela sous le gouvernement de Maduro. «Au Venezuela, on a torturé et on torture», a expliqué à l'AFP Marino Alvarado, célèbre défenseur des droits humains.

Il évoque «l'utilisation de courant sur diverses parties du corps» dans l'enceinte de l'Hélicoïde, mais également «l'asphyxie avec des sacs plastiques», ainsi que des pratiques consistant à «plonger la tête dans l'eau et suspendre les personnes par les bras pour les frapper avec des battes».

L'ONU a également dénoncé «des détentions arbitraires, des violations des garanties du droit à une procédure régulière» ainsi que des cas de «torture et de disparitions forcées».


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