En changeant d’heure en automne, on revient à l’heure normale. C’est en avançant les montres d’une heure en juin que l’on passe à l’heure d’été, rappelle l’Institut fédéral de métrologie (METAS).
L’heure de base helvétique, introduite en 1981 est celle d’Europe centrale. Elle permet de s’accorder avec les montres des Etats voisins, avant tout pour des «raisons économiques», écrit METAS dans un communiqué. Sinon, la Confédération serait un «îlot temporel», et les conséquences se liraient dans de nombreux domaines tels que les transactions commerciales, les transports, le tourisme ou encore la communication.
Un changement au cœur des débats politiques
Des controverses animent toutefois la scène politique européenne depuis plusieurs années. Au cœur des discussions, le Parlement européen s’était résolu à abolir le changement d’heure en mars 2019. 2021 devait signer la fin du réglage des horloges, et laisser à chaque pays sa préférence. Mais sur fond de pandémie, aucune décision n’a réellement été prise.
Côté suisse, c’est le texte «Oui à l’abolition du changement d’heure» – porté notamment par la conseillère nationale lucernoise UDC Yvette Estermann – qui échouait à récolter un nombre suffisant de signatures l’année dernière. Le comité d’initiative avait alors retiré le projet, lancé en 2019. Une initiative parlementaire similaire avait déjà été rejetée en 2010.
La réglementation actuelle reste donc en vigueur, jusqu’à nouvel avis. La Confédération continue de suivre l’évolution de la situation dans les pays voisins, et «étudiera soigneusement la pertinence» d’une adaptation de l’heure officielle, écrit l’Institut fédéral de métrologie. Ce dernier le confirme: l’heure d’été se glissera à nouveau dans les montres au printemps prochain, le dimanche 27 mars 2022.
Qu’en est-il des effets sur la santé?
Au-delà de l’aspect politique, chaque changement d’heure est l’occasion de relancer le débat sur les effets réels ou supposés de ce décalage d’une heure sur notre sommeil et notre corps.
Pour le professeur associé et médecin chef Raphael Heinzer, les effets dépendent de chacun. Ce qui est sûr c’est qu’en termes de sommeil «notre cerveau adore la régularité» souligne le spécialiste du sommeil du CHUV. L’heure d’hiver serait aussi plus facile à vivre pour une majorité de personnes: «Lors du passage à l’heure d’hiver, on 'gagne' une heure de sommeil ce qui est plutôt favorable, sauf pour les 'lève-tôt' qui devront patienter une heure de plus avant de se lever. Pour les adolescents qui ont tendance à décaler leur phase de sommeil en direction du matin (réveil difficile), ce changement aura probablement un effet favorable et leur permettra d’obtenir un peu plus de sommeil».
Le passage à l’heure d’été en revanche peut être davantage contraignant puisqu’il force à se lever une heure plus tôt. C’est d’ailleurs les effets sur la santé de ce changement en particulier qui sont les plus discutés: «Une diminution du temps de sommeil peut représenter un stress chez certaines personnes avec, au niveau statistique, une légère augmentation des infarctus du myocarde le lundi qui suit le changement d’heure dans une étude sur la population suédoise» précise Raphael Heinzer.
En ce qui concerne l’adaptation au changement de ce week-end, la plupart des gens tolèrent tout à fait bien ce dernier. Pour les personnes qui craignent d’être décalées, le médecin conseille cette pratique: «Vous pouvez décaler progressivement sur trois jours (20 minutes par jour) votre heure de coucher pour aider votre rythme circadien à s’adapter».
(ATS/mkl)