Dans la fabrique des festivals
Après l’affaire Bruel, comment ce jeune festival attire les stars à Fribourg

Après Festi’neuch, Blick poursuit sa série sur la programmation des festivals romands. A Fribourg, Bellarena raconte comment se construit une affiche, entre stars, jeunes talents et affaire Patrick Bruel.
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Jean-Luc Papaux, coordinateur du Bellarena festival, livre les secrets d'une programmation réussie.
Photo: Bellarena Indoor Festival

En bref

Généré par l’IA, vérifié par la rédaction
  • Le Bellarena Festival de Fribourg, jeune événement culturel en quête de notoriété, a dû gérer un changement majeur cet été en remplaçant Patrick Bruel par Patrick Fiori après une controverse. Le festival vise à devenir un rendez-vous incontournable pour les Suisses romands et alémaniques.
  • Son coordinateur, Jean-Luc Papaux, explique que la programmation repose sur un équilibre entre artistes populaires, découvertes et propositions pointues, tout en tenant compte des retours du public et des exigences budgétaires.
  • En 2026, Bellarena a accueilli des artistes émergents comme Sky of Augustine et Sophie de Quay. Le festival met également en avant la gestion des risques réputationnels autour de l’affaire Bruel, pour préserver son image et la confiance des festivaliers.
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Lucie FehlbaumCheffe de la rédaction Actualité de Blick Romandie

Comment notre petit coin de pays attire des superstars de calibre international durant l'été? Blick s’est posé cette question toute simple en regardant tomber les affiches des des festivals de l’été.

Derrière les noms qui font vendre des billets, les coups de cœur assumés, les paris sur l’avenir et les têtes d’affiche qu’on rêve de faire venir, il y a des mois de discussions, de calculs, de refus, de bonnes surprises et parfois de petits miracles. Alors, comment fabrique-t-on vraiment la programmation d’un festival?

Tout au long de l’été, nous irons donc poser la question à celles et ceux qui construisent les line-up de plusieurs festivals romands. Après Festi'Neuch, deuxième étape à Fribourg, avec Bellarena Festival, jeune rendez-vous encore en quête d’équilibre, mais déjà confronté à une secousse de taille: l’affaire Patrick Bruel, finalement remplacé par Patrick Fiori. Un épisode qui pose aussi la question très concrète de l'impact de telles révélations sur un festival encore en train de construire son identité, sa crédibilité et son public. Jean-Luc Papaux, coordinateur, nous a répondu. Interview.

Jean-Luc Papaux, quand vous commencez à construire une édition du Bellarena Festival, quelle est la première question que vous vous posez: le public visé, le budget, les artistes disponibles ou l’identité que vous voulez donner au festival?
Nous nous posons en premier lieu la question de ce que nous voulons apporter à Fribourg. Bellarena est né de l'envie de faire vibrer la ville et de compléter l'offre culturelle existante en proposant des concerts pour lesquels les Fribourgeois doivent souvent se déplacer dans d'autres régions de Suisse. Au fil des éditions, nous cherchons également à élargir notre public. Fribourg étant un canton bilingue, nous développons progressivement une programmation qui s'adresse aussi davantage au public suisse alémanique. L'objectif est que Bellarena devienne un rendez-vous incontournable, tant pour les Romands que pour les Suisses alémaniques.

Concrètement, comment se choisit une tête d’affiche? Est-ce d’abord une question de popularité, de cachet, de disponibilité dans les tournées, ou d’équilibre avec le reste de la programmation?
Il n'y a pas un seul critère, mais plutôt un équilibre entre plusieurs éléments. Nous commençons par réfléchir à l'expérience que nous voulons proposer au public et à la cohérence de la programmation dans son ensemble. Ensuite viennent naturellement les questions de disponibilité des artistes, de calendrier de tournée, de budget ou encore d'exclusivités. En tant que jeune festival, nous sommes encore en train de nous faire une place dans le paysage des grands événements. Nous devons donc parfois composer avec les opportunités qui se présentent. Cela nous pousse aussi à être créatifs et à construire des soirées cohérentes et attractives, plutôt que de miser uniquement sur un nom.

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Une programmation doit trouver un équilibre entre des artistes populaires, des propositions plus pointues, et des découvertes
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Pour un festival encore récent, est-ce plus difficile d’attirer de grands noms? Qu’est-ce qui convainc un artiste ou son entourage de venir jouer chez vous plutôt que dans un festival déjà installé?
Un festival récent doit effectivement construire sa crédibilité au fil des éditions. Au-delà de la programmation, nous développons progressivement des relations de confiance avec les productions artistiques, les tourneurs et les différents acteurs du secteur. Ces contacts sont essentiels et facilitent les échanges au fil des années. Les artistes regardent également la qualité de l'organisation, le public et l'ambiance générale du festival. Chaque édition réussie renforce notre réputation et nous permet de continuer à attirer de nouveaux projets.

Comment trouvez-vous l’équilibre entre artistes très populaires, noms plus pointus et découvertes? Est-ce qu’une programmation doit rassurer le public ou aussi le surprendre?

Pour nous, une programmation doit trouver un équilibre entre des artistes populaires, qui rassurent et fédèrent le public, des propositions plus pointues, et des découvertes. Un festival doit donner envie de venir pour un nom que l’on connaît déjà, mais aussi permettre de repartir avec une belle surprise. C’est aussi important pour Bellarena d’offrir une scène à des artistes émergents, dans la mesure du possible suisses. Cette année, par exemple, nous avons accueilli Sky of Augustine, Sophie de Quay ou encore Antony Trice. Cela fait partie de notre identité: proposer des soirées accessibles et attractives, tout en créant de vrais espaces de découverte.

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Toute controverse autour d'un artiste est délicate à gérer, quel que soit le festival
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Quelle place prennent les données très concrètes – ventes de billets, âge du public, réseaux sociaux, demandes des spectateurs – dans vos choix artistiques?
Ces éléments comptent beaucoup dans nos choix. Nous sommes très attentifs aux ventes de billets, aux retours de notre public, aux échanges sur les réseaux sociaux ou encore aux envies qui nous sont exprimées. En tant que festival à taille humaine, nous tenons à rester proches de nos festivaliers et à les écouter. L'idée est de proposer des soirées qui parlent à différentes générations, avec une programmation variée et des tarifs qui restent accessibles. Nous voulons que Bellarena soit un festival où chacun puisse trouver une soirée qui lui ressemble.

Le cas Patrick Bruel a montré qu’une tête d’affiche peut aussi devenir un sujet de controverse. Pour un festival jeune, est-ce difficile de porter un nom qui retourne autant l’opinion publique, même avant toute décision de justice?
Toute controverse autour d'un artiste est délicate à gérer, quel que soit le festival. Nous comprenons que ces situations puissent susciter des réactions et des interrogations de la part du public. En tant qu'organisateur, notre rôle est de suivre l'évolution de la situation avec attention et de prendre nos décisions de manière responsable, en nous appuyant sur les éléments factuels dont nous disposons. Il s'agit toujours de trouver un équilibre entre les aspects artistiques, contractuels, humains et les attentes du public.

Est-ce que cette situation change votre manière de programmer à l’avenir? Y a-t-il désormais des «lignes rouges» ou une forme d’analyse du risque réputationnel avant de confirmer certains artistes?Forcément, nous sommes sensibles à toutes les questions qui peuvent entourer la programmation d'un festival. Nous faisons de notre mieux pour prendre des décisions réfléchies et construire une programmation qui corresponde à l'image et aux valeurs de Bellarena. Chaque situation est différente et nous continuerons à en tenir compte à l'avenir, avec le même objectif: proposer un festival de qualité tout en préservant la confiance de notre public.

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