Une menace dans les Alpes
Catastrophe au Népal: la Suisse doit-elle également s’inquiéter?

Une vague de plus de 20 mètres a ravagé une vallée au Népal. Un spécialiste de l’EPFL décrypte les mécanismes possibles de la catastrophe et explique pourquoi le réchauffement climatique inquiète aussi en Suisse.
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Une gigantesque vague a dévasté mardi une vallée à la frontière du Népal et du Tibet.
Photo: keystone-sda.ch
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ATS Agence télégraphique suisse

La vague qui a dévasté mardi une vallée à la frontière du Népal et du Tibet impressionne par sa violence: elle aurait dépassé 20 m de hauteur. Les mécanismes à l'origine de tels phénomènes sont complexes et certains sont également connus dans les Alpes suisses. Un spécialiste de l'EPFL décrypte les causes possibles de la catastrophe et les risques liés au réchauffement climatique en Suisse.

Il faudra probablement plusieurs mois aux géomorphologues et glaciologues pour déterminer précisément ce qui s'est passé au Népal. Dans une analyse publiée vendredi par l'EPFL, Christophe Ancey, spécialiste des risques naturels, met donc en garde contre les nombreuses hypothèses qui circulent. Les premières images donnent toutefois quelques indices. La crue se présente sous la forme d'une vague de plus de vingt mètres avançant très rapidement, caractéristique d'une possible rupture de barrage naturel.

Une masse de glace et de rochers peut en effet obstruer un cours d'eau et former un «embâcle». Si ce barrage cède, l'eau accumulée est brutalement libérée et entraîne avec elle sédiments et débris: c'est la «débâcle». Une vague de vingt mètres pourrait représenter un débit de l'ordre de 20'000 m3 par seconde, soit celui de l'Amazone, dans une rivière où ne passent habituellement que quelques mètres cubes par seconde.

Ce phénomène ne doit pas être confondu avec une lave torrentielle, beaucoup plus chargée en matériaux et comparable à «un énorme volume de béton encore liquide», selon le spécialiste. La Suisse en connaît, notamment en Valais.

«Cocktail explosif»

L'effondrement du glacier du Birch à Blatten en mai 2025 présente certaines similitudes. L'avalanche de glace et de rochers avait obstrué la rivière Lonza et créé un petit lac. Mais la masse de matériaux accumulés était telle par rapport au volume d'eau qu'une rupture brutale du barrage n'était pas à redouter.

Le réchauffement climatique devrait toutefois favoriser les phénomènes extrêmes dans les Alpes. Christophe Ancey évoque un «cocktail explosif»: le retrait des glaciers et la fonte du pergélisol fournissent de grandes quantités de roches et de sédiments susceptibles d'être mobilisées, tandis qu'un air plus chaud accroît l'intensité des précipitations extrêmes.

La Suisse surveille depuis longtemps ces dangers. Capteurs, barrages filtrants et ouvrages de protection permettent de détecter, contenir ou dévier certains écoulements. Les glaciers et les lacs naturels, notamment ceux qui se forment avec le retrait glaciaire, font également l'objet d'une surveillance.

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