Elle dénonce un coût trop élevé
La droite valaisanne se mobilise contre le Fonds climat

La droite et l’économie valaisannes appellent à rejeter le Fonds climat, soumis au vote fédéral du 8 mars. Ils dénoncent un mécanisme automatique jugé trop coûteux, sans priorités claires ni financement défini.
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Pour Philipp Matthias Bregy, l'initiative crée «une exception permanente, ouvrant la porte à un endettement massif et durable».
Photo: Philippe Rossier
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ATS Agence télégraphique suisse

Réunis lundi à Sion, des représentants des partis politiques de droite et du monde économique valaisan ont appelé à rejeter en votation fédérale le 8 mars, l'instauration d'un Fonds climat. Ils dénoncent un coût trop élevé.

«Il ne s’agit pas d’un programme ponctuel ou ciblé, mais d’un mécanisme automatique, qui engagerait la Suisse pour des décennies, sans priorités claires ni financement défini», a souligné Vincent Riesen, le directeur de la Chambre valaisanne de commerce et d'industrie (CCI VS), lundi lors d'une conférence de presse à Sion.

Donald Moos, président de l’UDC du Valais romand, a mis en perspective l’ampleur du fonds par rapport au budget de la Confédération: «Avec jusqu’à 10 milliards de francs par an (ndlr: entre 0,5 et 1% du PIB), ce fonds deviendrait l’un des plus grands postes de dépenses jamais créés en Suisse.»

Crainte d'un effet domino

Représentant de l’UDC du Haut-Valais, Nevio Imhasly a insisté sur les conséquences directes de l’initiative. «Quand la Confédération crée une dépense de 10 milliards par an, ce sont aussi les cantons qui en subissent les conséquences», a-t-il rappelé. Selon le budget cantonal 2026, le Valais devrait recevoir un peu plus de 1,3 milliard de francs de la Confédération.

Conseiller national du Centre du Haut-Valais, Philipp Matthias Bregy a dénoncé une remise en cause directe du frein à l’endettement: «l’initiative exclut explicitement le fonds climat du plafond des dépenses. Elle crée une exception permanente, ouvrant la porte à un endettement massif et durable.»

Trois scénarios

Pour Sidney Kamerzin, conseiller national du Centre du Valais romand, un flou entoure le financement du fonds. Plusieurs scénarios existent toutefois allant d'une hausse de la TVA (jusqu’à 2,5 points), à une augmentation de l’impôt fédéral direct en passant par un recours accru à l’endettement. «Les initiants parlent de justice climatique, mais leur projet est fiscalement antisocial et fait payer les générations futures», estime l'élu du Centre.

Selon le député-suppléant PLR, Florian Piasenta «des progrès ont été réalisés (ndlr: dans la réduction des émissions de CO2), sans fonds climat», citant la modernisation des installations, l’efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables. «Le fonds climat ne stimule pas l’économie verte. Il la met sous perfusion», a-t-il averti.

En 2023, le peuple suisse a accepté la loi climat, et celle sur un approvisionnement électrique sûr. «Chaque année, plus de 3 milliards de francs sont (ndlr: ainsi) investis pour le climat et la biodiversité», a conclu Vincent Riesen (CCI VS).

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