A un peu plus d'un mois des votations fédérales du 29 novembre, seule l'initiative «pour une limitation des feux d'artifice» récolte 65% de «oui». Les trois autres objets soumis au peuple, à savoir la hausse de la TVA pour financer l'AVS, l'initiative «pour l'équité fiscale» et la modification de la loi sur le matériel de guerre, seraient refusés, selon un sondage de Leewas publié mercredi.
Le financement de la 13e rente AVS par une hausse de la TVA est clairement rejeté à ce stade, selon le sondage. Seuls 36% des personnes interrogées s'y sont déclarées favorables, tandis que 60% ont l'intention de voter contre le projet.
L'opposition est majoritaire dans l'électorat de tous les partis, à l'exception des partisans du PS qui sont partagés (49% de oui contre 45% de non). Le refus le plus net vient des sympathisants de l'UDC, avec environ 80%. Le soutien au projet augmente avec l'âge.
Les opposants au texte craignent avant tout une perte du pouvoir d'achat. Beaucoup sont en outre convaincus qu’il existe de meilleures solutions de financement que l’augmentation de la TVA. Les partisans rétorquent qu'une telle hausse «est juste, car elle met à contribution non seulement les personnes actives, mais aussi les retraités, les entreprises et les touristes étrangers.
Incertitude pour le matériel de guerre
L'issue la plus incertaine concerne la modification de la loi sur le matériel de guerre. Le non (47%) devance légèrement le oui (44%), avec 9% d'indécis. Le texte est soutenu par les sympathisants du PLR, du Centre et des Vert'libéraux, mais rejeté par ceux du PS et des Vert-e-s. La base de l’UDC est encore indécise (45% de «oui» contre 47% de «non").
Le sondage a révélé un fossé entre les sexes: un peu plus de la moitié des hommes (55%) sont favorables à un assouplissement des règles d’exportation, tandis que 57% des femmes s'y opposent. Le taux d'approbation augmente avec l'âge et le niveau de revenu.
Les partisans estiment que «la Suisse a besoin de sa propre industrie d'armement pour maintenir sa capacité de défense». Pour les opposants, le principal danger est que «les exportations vers des États impliqués dans un conflit armé seraient désormais possibles et il serait plus facile de livrer à des pays où les droits de l'homme sont systématiquement violés».
Léger rejet de l'initiative du Centre
L'initiative du Centre «Oui à des impôts fédéraux équitables pour les couples mariés. Pour enfin en finir avec la discrimination du mariage!», ne convainc pas une majorité. Elle est rejetée par 51% des sondés, alors que 38% la soutiennent.
Les électeurs du Centre et de l’UDC y sont favorables, tandis que les Verts, le PS, les Verts libéraux et le PLR s’y opposent. Les hommes et les personnes vivant en milieu rural ont tendance à dire oui (41% dans les deux cas) par rapport aux femmes (35% de oui) et les personnes vivant en milieu urbain (34% de oui). Le soutien diminue à mesure que le niveau de formation et les revenus augmentent.
La grande majorité des opposants invoque le succès du référendum sur l'imposition individuelle en mars dernier pour justifier leur refus. D’un autre côté, l’argument selon lequel les couples mariés n’auraient plus qu’une seule déclaration d’impôts à remplir au lieu de deux a parfois convaincu.
Défense des animaux
Seule l’initiative populaire «Pour une limitation des feux d’artifice» est soutenue à 68% (contre 30% de «non") et a obtenu une majorité au sein de tous les camps politiques. Le soutien est particulièrement marqué chez les femmes (75% de oui) et dans le camp rose-vert (82% au PS, 91% chez les Vert-e-s).
Pour les partisans, l'argument principal est la protection des animaux. Selon eux, «la détonation met les animaux domestiques, de rente et sauvages dans un état de panique et de stress permanent». Le camp adverse, en revanche, souhaite conserver les feux d’artifice traditionnels lors des fêtes et des jours fériés.
Pour les quatre objets, les parts des «plutôt oui» et «plutôt non» sont élevées, «ce qui indique une formation d'opinion encore peu avancée», précise le sondage. L'enquête a été menée les 7 et 8 octobre auprès de 11'239 personnes. La marge d'erreur est de 1,6 point de pourcentage.