Grâce à l'e-banking, de moins en moins de personnes se rendent à la banque en personne, engendrant la fermeture de succursales bancaires. Une nouvelle enquête de la Haute école de Lucerne (HSLU) fait le point sur la situation: elle montre combien de filiales bancaires ont disparu, combien de temps il est nécessaire pour se rendre à la banque la plus proche et comment cela va évoluer. Voici les principaux points de l'étude à retenir.
Les succursales meurent
L'année dernière, 145 succursales bancaires ont mis la clé sous la porte, selon les auteurs de l'étude. C'est le recul le plus important depuis 1999, année durant laquelle 250 agences ont disparu. La vague de fermetures de 2025 s'explique en grande partie par la fusion entre UBS et Credit Suisse: dans le cadre du rachat, 85 succursales ont fermé leurs portes. La grande banque suisse avait annoncé il y a longtemps des fermetures de cette ampleur. Elle dispose aujourd'hui de 245 succursales, contre 426 sites exploités par UBS et Credit Suisse en 2019.
Moins de succursales par habitant
Depuis 1990, 1585 succursales bancaires ont fermé – soit près d'un tiers d'entre elles! En parallèle, la population suisse a continué de croître. Conséquence: la densité des agences bancaires ne cesse de reculer. Elle avait culminé en 1988: à l'époque, on comptait 82 succursales pour 100'000 habitants; l'année dernière, il n'en restait plus que 25.
Les bancomats, un facteur de risque
La Suisse compte au total 5957 bancomats, comme le montrent les données de la Banque nationale suisse (BNS). L'année dernière, 211 distributeurs automatiques de billets ont été supprimés. Ces appareils représentent un facteur de risque pour les banques, avec des explosions qui surviennent régulièrement chaque année. En 2025, il y a eu 24 incidents de ce type, un nombre nettement inférieur à celui de l'année précédente. A noter que l'entretien des distributeurs automatiques a également un coût.
Moins de 15 minutes pour trouver une banque
En moyenne, les Suisses mettent 13 minutes pour se rendre à l'agence bancaire la plus proche. Que ce soit à pied, en voiture ou en transports publics. La Banque Migros compte 76 succursales, soit nettement moins qu'UBS. Pourtant, le temps de trajet jusqu'aux agences est à peine plus long, avec une moyenne de 15 minutes. La proximité constitue un critère déterminant pour la clientèle, atteste un sondage de la HSLU. Mais la moitié des quelque 2000 personnes interrogées attache également de l'importance à des horaires d'ouverture élargis.
Se faire conseiller reste essentiel
Seulement 15% des personnes interrogées constatent que la réduction de nombre de succursales a aggravé la situation. Globalement, se rendre directement à un bureau bancaire est devenu plus rare. Néanmoins, l'enquête de la Haute école lucernoise montre que les agences bancaires «restent essentielles pour l'information sur les produits complexes et le conseil», explique à Blick Andreas Dietrich, auteur de l'étude. Pour bénéficier de conseils personnalisés, les individus sont prêts à parcourir de plus longues fistances, préférant ce contact direct à l’assistance téléphonique.
Un recul stable d'ici 2027
Les auteurs de l'étude estiment que, respectivement, 111 succursales devraient fermer d'ici à 2027. La grande banque semble avoir largement finalisé l'année dernière le regroupement des filiales d'UBS et de Credit Suisse. Selon l'expert Andreas Dietrich, «nous nous attendons à ce que le recul se poursuive, sans toutefois s'accélérer».